
> LEXIQUE DES TERMES D'USAGE (COMPLEMENTS DE TELEOLOGIE ANOMIQUE)
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Affect. Ce qui affecte, émeut. C'est un objet immatériel de l'influence, et un état affectif élémentaire, par opposition à l'intellect. Réactivité ou insensibilité face aux stimuli internes ou externes. Amateur. Personne qui a du goût pour quelque chose, l’apprécie, la recherche et en possède une certaine connaissance. Personne qui pratique pour son plaisir et non pour gagner sa vie (par opposition à professionnel). Anecdote. Récit d'un petit fait peu commun. Aval. Au-delà ; plus près du point d'aboutissement. Effets, conséquences. Anomie. L'anomie (du grec an- : absence de, et nomos : nom, loi, ordre, structure) est l'état d'une société caractérisée par une désintégration des normes qui règlent la conduite des hommes et assurent l'ordre social. L'anomie se comprend peut-être mieux entre autonomie et hétéronomie et elle ne signifie pas pour autant désordre social. Selon certains penseurs, parmi lesquels Jean-Marie Guyaux au XIXe siècle, cette notion signifie que l'idée que nous avons d’un « devoir » qui serait un donné extérieur doit se chercher d’autres « équivalents » ou « sub-stituts » personnalisés et pratiques, conduisant, sur le plan de l’esprit et de la morale, à une sorte d’individualisme de la pensée spirituelle. Apathie. État d’une âme qui n’est susceptible d’aucune émotion ; incapacité de s'émouvoir ou de réagir, par mollesse, indifférence. Auto-gestion. Le postulat principal de l’auto-gestion est l'affirmation de l'aptitude des humains à s'organiser collectivement. Historiquement, ce modèle d'organisation a été développé (et expérimenté) par les anarchistes et par certaines tendances de gauche : on aspire à la suppression de toute distinction entre dirigeants et dirigés, la transparence et la légitimité des décisions, la non appropriation par certains des richesses produites par le collectif, etc. En d'autres termes, ce type d'autogestion permet une réappropriation d'une forme d'organisation collective. Aujourd’hui, la formule de « démocratie directe » tend à s’y substituer, mais reste connotée. On sait tous que le grand rêve d’une société autogestionnaire est tombé en désuétude depuis la « faillite des utopies modernes ». Pourtant, si le discours semble en avoir perdu la lettre, bien des pratiques concrètes en ont conservé l’esprit. En effet, les pratiques autogestionnaires sont non seulement bien présentes dans des domaines aussi variés que l’art, l’économie et les mouvements sociaux, mais aussi et surtout elles sont riches, diversifiées et poursuivent quelque part la lutte pour l’émancipation individuelle et collective. En effet, la majorité des groupes politiques qui se réclamaient de la lutte des classes et de l’autogestion ont implosé dans les années 1960-80. Dans le secteur de la production, les tentatives ouvrières de mettre sur pied des entreprises autogérées n’ont pas traversé cette décennie 1980 placée sous le signe de la rationalisation des moyens de production. De même en a-t-il été des mouvements communautaire et coopératif, soumis à des processus d’institutionnalisation et de standardisation. Malgré cela, on constate qu’il existe ici et là un certain nombre d’initiatives collectives qui, sans se réclamer explicitement de l’autogestion, mettent pourtant en œuvre ses principes dans leurs pratiques quotidiennes, et ce, dans des domaines aussi variés que l’art et la culture, la production et la vente, le développement régional, l’action communautaire, les mouvements sociaux, l’écologie, etc. Ainsi, loin d’être absente, l’autogestion nous apparaît sous des formes et des appellations diverses, s’inspirant des expériences précédentes pour innover. D’une forme utopique, on a tendance à dire qu’on est passé à une forme micro-utopique, du global on passe au local, ou plus précisément, pour user d’un néologisme cher au secteur de l’écologie, au glocal (articulation du penser et de l’agir global-local). Autrefois conçue comme point d’arrivée de l’action politique, économique et culturelle, l’autogestion prend maintenant, pour la majorité des acteurs, qu’ils s’en réclament ou non, le statut de pratique concrète nécessaire à la poursuite de toute action émancipatoire. Automédialité. Désigne une pratique médiale de l’autoreprésentation. Construction du sujet dans l'écrit, l'image et les nouveaux médias. Partant du constat que les recherches actuelles sur l'autobiographie considèrent les médias comme un simple outil d'analyse d'un sujet préexistant, les recherches sur l'automédialité tentent de remédier à cette perspective qui a négligé les médias eux-mêmes. En effet, loin d'être arbitraire, le choix du média est déterminé par l'expression de soi, de même que toute forme de subjectivité est elle-même déterminée par la matérialité du média. Les chercheurs sur l'automédialité partent du postulat que la technicisation croissante des médias, loin d'être, comme on le prétend souvent, un appauvrissement de l'intériorité subjective, a au contraire permis d'élargir le champ des représentations du sujet. Ce nouveau concept permet de ne plus considérer l'autobiographie seulement comme genre littéraire, mais comme une pratique culturelle et médiale. Bière. Boisson fabriquée à partir de céréales fermentées (généralement de l'orge maltée) et communément aromatisée de houblon. Malgré les innombrables différences, nuances, procédés et recettes caractérisant chaque brasserie et produit, les principales étapes de la fabrication de la bière sont : le maltage ; la saccharification ; l’ébullition (également appelée « houblonnage ») ; la fermentation (basse, haute, spontanée ou mixte) ; la garde ; le conditionnement (pouvant être précédé d’une filtration et suivi d’une pasteurisation). La fabrication de la bière a évolué à travers les âges. Ce que l’on considérait comme de la bière il y a 8 000 ans est sans aucun doute très éloigné de ce que nous connaissons aujourd’hui. Les « migrations » de ce breuvage à travers le monde et le temps ont obligé les brasseurs à adapter le mode de fabrication en fonction des évolutions techniques et des matières premières disponibles. Ce qui n’était autrefois qu’une sorte de « bouillie » alcoolisée plus proche des aliments solides que des boissons, est devenu, notamment grâce aux progrès de la micro-biologie et des techniques industrielles au XIXe siècle, la boisson limpide que l’on connaît aujourd’hui. Les méthodes de fabrication actuelles sont cependant très proches de celles de ces derniers siècles ce qui dénote une normalisation dans le processus de fabrication. Aujourd’hui, la bière jouit d’un succès mondial en tant que boisson désaltérante et de dégustation. Ce succès remonte au XIXe siècle où la maîtrise de la fermentation basse grâce à la réfrigération et la pasteurisation permirent la production de nouvelles variétés de bière ainsi que leur exportation. Par exemple la pils, bière lager née à Plzeň en Bohême (République tchèque) en 1842, a très rapidement connu un succès international. On distingue essentiellement : les blondes brassées avec des malts blonds très pâles, donnant l’amertume et des arômes fruités et floraux avec une mousse abondante, la plupart des lagers sont des bières blondes ; les ambrées et les rousses brassées avec du malt légèrement torréfié, donnant une couleur oscillant entre l’or cuivré et le roux franc, procurant des saveurs caramélisées, des notes de réglisse et de noisette ; les brunes font généralement intervenir un malt torréfié, de couleur foncée variant du brun acajou au noir ébène, au goût, un équilibre entre l’amertume des sucres caramélisés et celle du houblon ; les noires (principalement les stouts) à base de malts très torréfiés (malt noir) ; les blanches, souvent non filtrées, doivent leur aspect à l’utilisation de malts de froment et à la levure en suspension. Les bières sont naturellement troubles, cependant, la tendance actuelle tend à généraliser la filtration de la bière en post fermentation, ce qui explique la limpidité de nos boissons actuelles. À l’opposé de cette logique de marché, certains brasseurs continuent de produire des bières non (ou peu) filtrées. Les bières trappistes, qui sont fermentées une nouvelle fois durant leur période de garde, font parties de ces bières troubles, comme les lambics, bières sauvages belges de fermentation spontanée. Une garde prolongée sans filtration permet d’obtenir une bière parfaitement limpide sans toutefois occasionner la perte de saveurs souvent obtenue lors de la filtration. Bricolage. Le terme de bricolage regroupe communément des occupations exercées en tant qu'amateur et liées à la création, l'amélioration, la réparation et l'entretien de choses matérielles. Le bricoleur, a remarqué Lévi-Strauss, est celui qui utilise « les moyens du bord », c’est-à-dire les instruments qu’il trouve à sa disposition autour de lui, qui sont déjà là, qui n’étaient pas spécialement conçus en vue de l’opération à laquelle on les fait servir et à laquelle on essaie par tâtonnements de les adapter, n’hésitant pas à en changer chaque fois que cela paraît nécessaire, même si leur origine et leur forme sont hétérogènes. Si Lévi-Strauss s’y référait essentiellement dans le but d’expliquer la pensée mythique, on peut aujourd’hui avancer que la pratique du bricolage, dans son sens le plus commun (en anglais : do it yourself), est omniprésente dans notre quotidien, puisqu’elle caractérise nombre de nos « manières de faire ». Michel de Certeau a brillamment décrit ces « arts de faire » dans son Invention du quotidien ; l’auteur y projette la notion de « bricolage » sur les opérations ordinaires, gestes et récits du quotidien. Son « bricolage » privilégie l’idée de créativité dans les logiques d’action et peut être considéré comme un art du détour, de la ruse, pour échapper à l’ordre établi. Bruit. La distinction entre musique et bruit ayant toujours été au cœur des débats, il apparaît néanmoins plus ou moins clair que le bruit a toujours été ressenti comme destruction, pollution, agression contre le code qui structure le message. Malgré une pensée philosophique, esthétique et musicale toute en nuances à son propos, la théorie de l’information semble avoir imposé son diktat en ce qui concerne la manière d’appréhender le bruit, ce signal gênant la réception d’un message : nuisance, agression contre le code. Notre société produit toujours plus de bruit, mais lutte dans le même temps contre lui – la notion de « pollution sonore » désigne ainsi des nuisances sonores provoquées par diverses sources, dont les conséquences peuvent aller d'une gêne passagère, mais répétée à des répercussions graves sur la santé, la qualité de vie et/ou sur le fonctionnement des écosystèmes. Qui plus est, d’un point de vue biologique, le bruit est un moyen de faire mal : au-delà d’une limite, il se fait « arme immatérielle de la mort ». Néanmoins, comme le remarque avec justesse Jacques Attali, la mort n’étant qu’un excès de vie, le bruit a toujours été perçu comme une forme de drogue, source d’exaltation, vertu thérapeutique. Le bruit c’est le chaos, la matière à l’état brute, non domestiquée, l’état premier qui appelle la mise en forme (la musique). Aussi, à l’origine de l’idée religieuse, il y a à chaque fois le thème du bruit, de son écoute et de sa mise en forme (le bruit est une arme et la musique est, à l’origine, « la mise en forme, la domestication, la ritualisation de l’usage de cette arme en un simulacre du meurtre rituel », cfr. Jacques Attali, Bruits). En ce sens la musique bruitiste ou noise (des expérimentations du futuriste Luigi Russolo à Merzbow, en passant par Fluxus, la musique industrielle, certaines formes de rock, certaines pratiques du fieldrecording, etc.) retrouve les voies de l’expression brute, initiale, encore désordre. Elle renvoie à l'origine de la musique dans cet état de pré-domestication du son, en même temps qu'elle aboutit, dans son extrême vitalité, à une ouverture maximale de l'œuvre au sein de laquelle se mêlent toutes les significations (cfr. la conception du bruit blanc chez Umberto Eco, dans le cadre de la poétique de l’ « œuvre ouverte »). Enfin, le bruit, c'est l'élément qui ne peut pas se prévoir, il renvoie à tout ce qui est spontané, il est la négation du projet ou du calcul. Le bruit, dans ce qu’il peut être indéterminé, n'est pas domptable, il est donc de l'ordre de la (dé)négation du pouvoir. - Voir aussi « Noise ». - Condensation et association libre : extatisme, dépense, insubordination, vitalité, émancipation. Cause. Ce qui est relatif à une raison, un motif. Ce qui fait que quelque chose existe ou a lieu. Chauvinisme. Reflet d'une admiration exagérée voire trop exclusive de son pays, de sa région, de sa terre. Détournement constructif : voir ROEC. Conséquence. Suite d'une action, résultat, ce qui est engendré. Effets, aval. Cri. Son qui ne véhicule aucune parole, régression jusqu'au niveau le plus archaïque de la vie psychique et corporelle. Le cri est naturellement et culturellement un geste symbolique fort. L'affolement de la voix s'oppose à l'articulation de la voix. Il s'agit d'une impulsion première constituant une référence instinctive. Condensation et association libre : alerte, vitalisme, extatisme, dépense. Critique. Qui est enclin à la critique. Qui donne un jugement, une appréciation. Qui correspond à une crise, à un seuil. Culture. La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Bien qu'une société soit caractérisée par sa propre culture, elle admet, en son sein, des cultures différentes. Malgré un phénomène de globalisation évident, d’homogénéisation et de diversité uniforme, il n'y a a priori que des unités dispersées et coexistentes, une multitude de cultures qui se rencontrent, s'opposent, se mélangent, se transforment. Ce pluralisme peut également se manifester au niveau individuel (métissage, homme pluriel, éclectisme culturel, etc.). Dépense. Usage que l'on fait de quelque chose. Action désintéressée, don de soi, pure perte. Dérive. Déviation Fait de s’écarter d’une norme, d’un cadre établi. Technique de passage hâtif à travers des ambiances variées. Echo. Répétition, dans un contexte spatio-temporel particulier, d'un son percuté. Evocation. Ecosophie. « Perspective incluant les dimensions éthiques, et articulant entre elles l'ensemble des écologies scientifiques, politiques, environnementales, sociales et mentales. Ainsi cette écosophie est peut-être appelée à se substituer aux vieilles idéologies qui sectorisaient de façon abusive le social, le privé et le civil et qui étaient incapables d'établir des jonctions entre la politique, l'éthique et l'esthétique » (Félix Guattari). L’écosophie (éco pris dans sa racine grecque, soit oïkos : maison, habitat, milieu naturel) consiste donc en une réponse multipolaire, de facture politique, sociale et culturelle, réponse que Guattari définit lui-même comme « éthico-politique » venant nouer trois champs au demeurant hétérogènes : celui de l'environnement, celui des rapports sociaux et enfin celui de la subjectivité. Selon certains auteurs, l’art est un outil « potentiel » pour construire le monde sur base d’une telle écosophie, parce qu’il s’est en grande partie développé dans le sens du refus de l’autonomie que lui conféraient les théories formalistes du modernisme, au profit d’une esthétique contextuelle ou pragmatique (expérientielle) au sein de laquelle, en lieu et place des objets, les artistes s’appliquent à mettre en œuvre des « dispositifs d’existence ». Emotion. Une émotion est créatrice d'un changement d'état dans le monde du vivant (émouvoir = mettre en mouvement). Ce changement est vécu physiquement. Le déclenchement émotionnel est lié à un changement dans la manière de vivre une relation ou d'être en relation. Une émotion a d'abord une manifestation interne et génère une réaction extérieure. Elle est provoquée par la confrontation à une situation et à l'interprétation de la réalité. En cela, une émotion est différente d'une sensation, laquelle est la conséquence physique directe (relation à la température, à la texture, etc.). La sensation est directement associée à la perception sensorielle. La sensation est par conséquent physique. Quant à la différence entre émotion et sentiment, celle-ci réside dans le fait que le sentiment ne présente pas une manifestation réactionnelle. Néanmoins, l'accumulation des sentiments peut générer des états émotionnels. Enjoy. Satisfaction momentanée. Apprécier, profiter de l'instant. Enthousiasme. Vive émotion, exaltation, ferveur. Challenge : à maintenir quand les projets avortent ou aboutissent. Excès. Ce qui dépasse la mesure normale ou prévue. Dérèglement, abus, exagération, outrance, surabondance, surplus, surcharge, saturation. Extatisme. Se tenir (sto, stas, stare) en dehors de soi-même (ex). L’extase est comprise comme le moment où l’on part, où l’on est hors de soi. Condensation : abandon vitaliste. Fausse(s) Couche(s) et autres pratiques de l’usure. Devenues Pratiques de l’usure & Manières d’être là. Initialement centrée sur la promotion des musiques expérimentales, l'inframince structure consiste aujourd’hui en une plate-forme à géo/carto-graphie variable dont l'ambition, par-delà l'enthousiasme et ses chutes, est de proposer – sans fréquence logique autre que spontanée – des anecdotes, des netreleases, des articles, des images, des références, des fragments d'agenda, des performances, des occasions de déplacement, etc. Basée à Le Roeulx, terre d'origine de ses trois protagonistes (S. Biset, Jean DL, Impostor), cette initiative ou nécessité interindividuelle témoigne de manières de faire quotidiennes, de tactiques individuelles ou de détournements de situations subies. Dans ce contexte où priment les notions de subjectivation et d'automédialité, la créativité et la performativité sont entendues dans leur sens « pragmatique ». Feuillien (Saint-). Au VIIe siècle, un moine irlandais nommé Feuillien vint sur le continent prêcher l'Évangile. En 655, alors qu'il traversait la forêt charbonnière, sur le territoire de l'actuelle commune du Roeulx, Feuillien et ses compagnons furent martyrisés et décapités. À l'endroit de son supplice, à proximité d'un étang et de son îlot, ses disciples élevèrent une chapelle à côté de laquelle fut construite, en 1125, une abbaye de Prémontrés : l'Abbaye de Saint-Feuillien du Rœulx. À proximité s’éleva un château, dès le XIIe siècle, marquant définitivement le territoire rhodien. Jusqu'à la Révolution française, l'abbaye prospéra. En ces jours tourmentés, elle fut condamnée par les révolutionnaires. Durant des siècles, les moines y avaient brassé la bière et cette tradition s'est perpétuée jusqu'à nous. La St-Feuillien est une bière de fermentation haute, brassée à partir d’une eau extrêmement pure, dont la source jaillit sous la brasserie. Les malts et houblons utilisés sont de tout premier choix. Pour la Blonde et la Triple, un malt pâle ; pour la Brune et la Cuvée de Noël, des malts spéciaux sélectionnés. Il existe également une St-Feuillien de Pâques, St-Feuillien Påskeøl Abbey Ale, brassée à ce jour exclusivement pour le Danemark. La St-Feuillien est conditionnée en bouteilles de 33cl, 75cl, Magnum 1,5L, Jéroboam 3L, Mathusalem 6L, Salmanazar 9L, et, plus rarement, Nabuchodonozor 15L. Fin(s). Moment auquel s’arrête un processus. En philosophie, la fin désigne ce vers quoi tend un système de choses. Terme, but. Sur le plan constructif, dans l’optique desdites Pratiques de l’usure : passer par l'excès et la saturation pour dépasser les acquis ; privilégier un processus de construction basé sur les soubresauts de l'éclat. Une « pratique de l’usure » fondée sur le sentiment d’une succession d’impasses, autrement dit des balises à dépasser d’une manière ou d’une autre. Si elle peut troubler par sa dureté et son besoin de renouvellement, on ne peut considérer cette attitude comme négativiste, elle ne sous-tend aucune complaisance nihiliste basique, il s’agit d’une construction fondée sur ce qu’on pourrait se hasarder à nommer, dans l’excès au fond amusant de délire intellectualiste, une « téléologie anomique ». Une perspective fuyante caractérisant nos projets, une fuite vers l’avant passant par la mise en impasse de chaque étape de l’itinéraire (autrement dit des pratiques de l’usure, de la saturation, de ce qui éclate, ce qui témoigne d’une approche très vitaliste du comportement, des choix et de l’usage du temps imparti). Finalisme. Doctrine philosophique selon laquelle les causes finales constituent le principe de tout ce qui est. Le finalisme est une option théorique qui affirme l'existence d'une cause finale de l'univers, de la nature ou de l'humanité. Elle présuppose un dessein, un but ultime, une signification, immanents ou transcendants, présents dès leur origine. Hodologie. L’hodologie est l’étude des chemins, de l’espace et des lieux, initiée par John Brinkerhoff Jackson. Comment ils se parcourent et comment on les ressent. Jeu. Activité d'ordre physique ou psychique, plus ou moins soumise à des règles conventionnelles, à laquelle on s'adonne pour se divertir, tirer du plaisir et de l'amusement. Aussi, le jeu transpose dans un objet concret des systèmes de valeurs ou des systèmes formels abstraits. De ce point de vue le jeu peut être considéré comme une métaphore ou un mode de représentation du monde (ou d'une de ses parties). Jouer et/ou inventer un jeu, construire une partie en interaction avec son adversaire ou partenaire relève alors d'une activité culturelle de haut niveau. Le psychanalyste Donald W. Winnicott, dans sa théorie relative aux phénomènes transitionnels et à l’espace potentiel, démontre en quoi les limites de temps et d’espace correspondant aux phénomènes transitionnels (et équivalant à l’espace du jeu) sont ce qui permet l’illusion en tant que lieu de rencontre et d’interaction entre des réalités internes et externes, entre le soi et l'autre. Pour le psychanalyste, « l’acceptation de la réalité est une tâche sans fin et nul être humain ne parvient à se libérer de la tension suscitée par la mise en relation de la réalité du dedans et de la réalité du dehors […] cette tension peut être soulagée par l’existence d’une aire intermédiaire d’expériences qui n’est pas contestée (arts, religion, etc.) » (Donald W. Winnicott, Jeu et réalité. L’espace potentiel, Paris, Gallimard, 1975). Itinéraire. Chemin à suivre ou suivi. Route, parcours, trajet. Itinérance. Caractère de ce qui bouge, qui voyage. Limite. Frontière entre deux réalités contigües. Point où s'arrête l'action de quelqu'un ou de quelque chose. Ce avec quoi on flirte avant l'excès. MNÓAD. Association issue de la structure rhodienne des Pratiques de l’usure et des manières d'être là, MNÓAD est une plate-forme de promotion et de création qui mêle une activité de micro-label et de micro-édition, et une programmation événementielle (concerts, performances, conférences). Au départ d'une pratique et d'une réflexion sur l'expérimentation musicale, l'association élargit son champ d'activités pour la situer dans une perspective globale (arts plastiques, arts performatifs, médiation, etc.). C'est également la recherche autour d'un objet théorique singulier qui anime ladite structure : l'existence, dans le champ de la création contemporaine, d'un art de nature "pragmatique". Situation : émanant du Roeulx et de Bruxelles, MNÓAD participe du Vecteur, espace d'art et de culture, Charleroi. Musique. Au sens le plus large, la musique est l'art qui consiste à arranger et ordonner les sons et les silences au cours du temps : le rythme est le support de cette combinaison temporelle, la hauteur celle de la combinaison fréquentielle, etc. Dans un sens strict, il conviendra de nuancer cette définition, puisque l'intrusion de l'aléatoire, notamment, a dénié tout caractère volontaire à la composition. Dans les cas les plus extrêmes, pourtant devenus courants, la distinction entre musique et bruit reste un objet de débats. On comprendra par « musique » : acte de création sonore volontairement posé, peu en importe la forme et les moyens. Noise. « Noise : le mot anglais correspond d'assez près au français bruit, avec ce que cela connote dans le domaine des sciences de l'information –un ‘‘fond’’ brouillé sur lequel est appelé à se dégager une ‘‘figure’’ clairement identifiable, définie par un ‘‘code’’ sur lequel émetteur et récepteur se seront préalablement mis d'accord. Le bruit, c'est donc une présence sous-jacente qui précède l'information ou la musique, qui l'entoure et qui n'y fait irruption que sous la forme déformante d'un brouillage malvenu. Noise : le mot français, aujourd'hui vieilli mais qui est probablement la source du dérivé anglais, est resté dans notre langue pour évoquer ‘‘querelles’’ et ‘‘disputes’’. ‘‘Chercher noise à quelqu'un’’, c'est le provoquer, le pousser à bout, sans autre raison apparente que le plaisir de troubler la communication. L'étymologie est plus malsaine encore, puisqu'elle renvoie au latin nausea : ‘‘le mal de mer’’. (...) La sensibilité noise concilie de façon frappante cette audace querelleuse (militante, décoiffante, potentiellement guerrière) avec des pratiques productrices (plus ou moins brutales, plus ou moins raffinées) qui ont en commun de laisser advenir un déploiement sonore échappant constitutivement à ‘‘l'imposition de force’’ et à ‘‘la volonté anthropocentrique’’ sous-jacentes aux gestes musicaux traditionnels. Laisser-être la saturation, se rendre attentif à ses mouvements propres, sans se crisper dans la peur ni s'endormir dans le confort de son ronronnement, exprime peut-être le plus profondément et le plus adéquatement les frissons propres à notre époque de surexposition » (Yves Citon, « Le percept noise comme registre du sensible », Multitudes n° 28, mars 2007). « La noise, entendue au sens de pratique (infra- ou extra- ?) musicale se jouant du bruit – dans sa maîtrise ou dans la lutte –, me met, pour ainsi dire, dans un état d’éveil (au-delà du son). Contrairement à ce que l’on a coutume de penser, elle n’est pas nihiliste, elle s’invente (donc elle produit plus qu’elle ne détruit) contre le paupérisme émotionnel. Je crois que c’est pour certains un remède à l’apathie. Si bien que la noise, même si le terme n’est pas significatif en soi, ne doit pas être comprise uniquement comme une tendance musicale, mais comme une pratique de l’insubordination aux règles, schèmes, formes, matières et objets. Aussi, loin de la seule impertinence et d’un régime de l’absurdité, le geste ‘‘noise’’, par-delà une conception du bruit comme objet privé de signification, engage le praticien dans une posture culturelle sans précédent, singulière, extra-musicale. De cette manière, j’aime à croire que le ‘‘geste’’ noise fait sens – il produit du commun et du sensible – et, ce faisant, révèle des comportements, aptitudes et besoins propres à nos sociétés hypermodernes. Chose intéressante, le rapport au pouvoir, non négligeable, semble être tout entier contenu dans la notion même de bruit. L’histoire de l’art et de la musique ne manque pas de l’illustrer, mais il faut véritablement attendre le début du XXe siècle pour que les futuristes et dadaïstes, dans le mépris de la tradition, emportés par un désir de liberté, d’instabilité et de scandale, s’y référèrent en faisant directement usage du matériau bruit jusque là déprécié voire ignoré par la tradition musicale occidentale, ouvrant la voie à une ‘‘pensée de l’objet bruit’’, laquelle culmine avec John Cage et la néo-avant-garde, et se prolonge dans la pratique noise et expérimentale postmoderne et actuelle, notamment. Aussi, c’est moins le bruit formel qui m’intéresse que le geste lui-même : le bruit, c'est l'élément qui ne peut pas se prévoir, il renvoie à tout ce qui est spontané, il est la négation du projet ou du calcul. Le bruit, dans ce qu’il peut être indéterminé, n'est pas domptable, il est donc de l'ordre de la (dé)négation du pouvoir » (Sébastien Biset, ici-même). Voir Bruit. Percept. Nom philosophique donné à des perceptions et des sensations qui survivent à ceux qui les éprouvent, tout comme le concept est une idée qui survit à son auteur. Perspective. Aspect de ce qui est vu de loin. Point de vue, approche particulière sur une idée, un événement. Représentation, éventualité. Perte. Privation d'une chose que l'on possédait. Pure perte : dépense sans résultat, investissement désintéressé. Projets. Ensemble d'activités qui sont prises en charge, dans un délai donné et dans les limites de ressources imparties, par une ou des personnes qui y sont affectées dans le but d'atteindre des objectifs définis. Prospectif-ve. Relatif à l’avenir, dont l’intelligence est orientée vers l’avenir. Science qui a pour but d'étudier l'évolution des sociétés dans un avenir prévisible. Anticipation. Relation. Tout ce qui, dans l’activité d’un être vivant, implique une interdépendance, une interaction (avec un milieu) - Caractère de deux objets qui sont tels qu’une modification de l’un entraîne une modification de l’autre - Lien de dépendance ou d’influence réciproque (entre personnes) - Caractère de deux ou plusieurs objets de pensée en tant qu’ils sont englobés dans un même acte intellectuel - Récit - Logique de la coordination multiple (rhizome). Rodium. Nom latin signifiant essartage, défrichage. Toponyme fréquent (ancien français : Ruelz, Roels, etc.), à l’origine, nottament, du nom de la ville du Roeulx. ROEC. « Réflexion sur l'origine d'un environnement de croissance ». Par des pratiques déambulatoires, prospectives, et de mise en perspective historique, sonder l'évidence d'un milieu dans ce qu'il est déterminant pour le développement d'un individu. Constater des faits, événements et processus en aval, afin de s'approprier au mieux une situation donnée a priori évidente et envisager des perspectives ad hoc liées à ladite situation. Silence. Le silence, dans sa conception cagienne, peut être défini comme l'ensemble des bruits non organisés, non maîtrisés. L'absence d'opposition entre son et silence donne ainsi à ce dernier un statut actif : ce que l'on appelle en général silence n'est en réalité qu'une disposition de l’esprit puisque nous sommes en réalité entourés de sons (« Le silence, ici bas, n'existe pas »). Le silence n’est jamais que l’ensemble des micro-événements sonore d’un environnement donné. Cage préfère ainsi distinguer les sons que nous produisons intentionnellement de ceux qui surviennent indépendamment de notre volonté. Cette manière de penser la musique revient également à abolir la dualité fond/forme. Singularité. Ce qui rend une chose singulière, caractère original. Particularité. Manière d'agir, de penser, etc. hors de l'ordinaire. Singularisation : processus au cours duquel l'individu est amené à se réaliser comme unique, devenir-singulier. Situation. Au fond, si l’on peine à formuler une définition précise de la « situation » – pour autant que l’on tienne à faire valoir son acception pragmatique –, on comprend aisément à quel type d’occurrence il est fait référence lorsque l’on se rapporte très simplement à des événements ponctuels de la vie quotidienne. Qui n’a jamais éprouvé de satisfaction lors d’un pique-nique en famille ou entre amis ? Repas champêtre, pris en plein air, il est une occasion pour se retrouver pour une durée prolongée (à la différence du casse-croûte) dans un contexte choisi et retenu par ses initiateurs (Le pique-nique évoque le partage et la convivialité, il est aujourd'hui associé aux loisirs, autrefois aux travaux des champs, mais pourrait aussi être une réminiscence du « manger nomade ». Non sans lien avec la question des esthétiques de la situation, cette pratique a des impacts significatifs sur l'aménagement du territoire et des espaces naturels publics (aménagements incluant parkings, tables et bancs, poubelles, « aires de pique nique » sur les bords d'autoroutes avec éventuellement toilettes et jeux pour enfants, zones engazonnées, etc.). Quant au marché, il consiste de la même manière en une parcelle d’espace investie par un groupe, cette fois ouvert et indéterminé, pour un temps défini ; il circonscrit une situation de commerce – au sens de relation – et de convivialité qui tend à disparaître sous l’effet de l’envahissement des espaces marchands sans temps ni singularité, a priori non relationnels et anhistoriques (l’agora, lieu de l’échange et du commerce, versus le non-lieu, symbole de l’espace transitoire du fugitif surmoderne). Enfin, on pensera aux musiciens itinérants (et autres humbles performers de rue : statues humaines, etc.) : s’ils rythment le passage aveugle de ces mêmes fugitifs, il leur arrive de retenir l’attention de quelques uns, lesquels forment rapidement et malgré eux, en un demi-cercle, une situation socialement circonscrite, produite et opinée – laquelle distingue le concert traditionnel (la scène et la mise en scène qu’elle implique, ou théâtralité) du concert en « contexte ». Ces trois exemples sont intéressants non seulement parce qu’ils impliquent tous l’articulation singulière d’une parcelle de temps et d’une parcelle d’espace (« la situation, étroitement articulée dans le lieu, est complètement spatio-temporelle », « Théorie des moments et construction des situations » [texte non signé], dans Internationale situationniste, n° 4, juin 1960, p. 11.), mais surtout parce qu’ils n’existent qu’en tant qu’espace-temps du commerce interhumain : ils sont des spatio-temporalités socialement légitimées, c’est-à-dire produites dans et par l’exercice social. Ce type d’événements, ces situations, n’existent pas indépendamment de leurs acteurs ; ils sont le lieu d’un partage du sensible. Se pose par ailleurs, face à de telles situations, la question du couple autonomie (la faculté qu’a l’individu de se déterminer par soi-même, de choisir, d’agir librement) et hétéronomie (le fait d’être influencé par des facteurs extérieurs, d’être soumis à des lois ou des règles dépendant d’une entité extérieure). On ne tranchera pas sur la prévalence de l’un des pôles sur l’autre, d’autant plus que, à l’évidence, l’homme et son action sont à la fois hétéronomes et autonomes ; l’individu aussi libéré soit-il, ne s’affranchit jamais totalement des causes biologiques, socio-culturelles et psychologiques. La question est donc plus de savoir comment s’établit l’équilibre autonomie-hétéronomie dans une situation au sein de laquelle les acteurs sont plus ou moins conviés à assister ou participer d’un événement en cours. Si l’événement ou le dispositif s’efface dans le mouvement du monde, de manière à ce qu’il y participe sans trop d’exhibition (d’exposition, de mise en vue), on peut croire que les réactions, moins conditionnées, seront plus spontanées (sua ponte, « volonté propre »), libres (sans entrave), sans pour autant être totalement inconditionnées (subsistent à chaque fois des facteurs externes, causes biologiques, socio-culturelles, psychologiques ; aussi, le pique-nique, le marché et l’animation de rue restent des activités codées, d’une manière ou d’une autre). Voir Sébastien Biset (dir.), Esthétiques de la situation, (SIC) Livre III, Bruxelles, 2009. Plus que jamais concernée par l’espace de l’agir social, la création contemporaine n’a eu de cesse, ces dernières décennies, de complexifier le rapport qu’elle entretient avec notre réalité. Générique mais symptomatique, la notion de situation apparait éclairante pour saisir dans ses enjeux certaines pratiques de l’art que caractérise un effacement partiel du dispositif au profit d'une esthétique de la situation (au-delà d’un art en situation ou de la seule mise en situation). Comprise dans son sens pragmatique, cette notion de situation est à même de nous aider à comprendre, pour une meilleure et plus juste appréciation, en quoi le caractère processuel des œuvres d’art importe autant voire davantage que la forme qu’il produit. Priment essentiellement, dès lors, son processus de constitution et à travers lui ses effets, c’est-à-dire le geste et ce qu’il permet, production de subjectivités et autres. À cette conscience pragmatiste répond la nécessité des artistes contemporains de réintégrer l’art au plus près du réel, qu’il en émane, même, au travers de pratiques et de gestes relevant du transitoire, de l’ordinaire, du processus et de l’événement. Ces pratiques diffèrent autant par leurs modes opératoires que par leur forme, et donc par leur efficience au sein du réel investi : leurs écueils et succès cernent les possibilités, limites et promesses de telles esthétiques. Spectacle. Vue d’ensemble qui attire le regard, l’attention. Représentation, manifestation donnée devant un public. Spectaculaire : ce qui sort de l’ordinaire, ce qui est hors de lui, remarquable, sensationnel, qui frappe l’imagination. Selon Guy Debord, le spectacle est à la fois l’appareil de propagande du pouvoir capitaliste et un rapport social médiatisé par des images. « Le spectacle se représente à la fois comme la société même, comme une partie de la société, et comme instrument d'unification. En tant que partie de la société, il est expressément le secteur qui concentre tout regard et toute conscience. Du fait même que ce secteur est séparé, il est le lieu du regard abusé et de la fausse conscience ; et l'unification qu'il accomplit n'est rien d'autre qu'un langage officiel de la séparation généralisée » (G. Debord, La société du spectacle). Subjectivation. La subjectivation, le processus de subjectivation, est souvent présentée comme un travail psychique, particulièrement marqué à l'adolescence, distinct des remaniements identificatoires du Moi. Devenir-sujet. « Processus aboutissant à l'avènement d'un sujet désormais en mesure, au sein de ses déterminismes internes et externes mêmes, d'affronter ses conflits propres dans son espace propre » (R. Cahn, Adolescence et folie). Capacité à reprendre et signer son histoire au titre du « Je », dans sa culture ainsi que dans le plaisir pris pour soi et avec l'objet (selon P. Aulagnier). « La subjectivation renvoie à la définition culturelle du sujet. Elle se manifeste notamment dans l'activité critique et dans la construction d'une distance à soi et au monde » (F. Dubet, Sociologie du sujet et sociologie de l'expérience). Si la subjectivation est souvent l'expression de puissants besoins narcissiques, elle correspond également à une quête identificatoire, élaboration psychique infinie. La subjectivation est également au cœur du concept d' « écosophie » développé par Félix Guattari, qui consiste en une réponse multipolaire, de facture politique, sociale et culturelle, réponse que le philosophe définit lui-même comme « éthico-politique » venant nouer trois champs au demeurant hétérogènes : celui de l'environnement, celui des rapports sociaux et enfin celui de la subjectivité. Téléologie. La téléologie est l'étude de la finalité, à ne pas confondre avec l'étude des causes finales, le finalisme. La téléologie et la téléonomie sont des notions qui se rapportent au but à atteindre ou finalité. Cette finalité peut être déclarée (comme les intentions exprimées) ou interprétée à partir de l'observation des comportements qui semblent tendre vers un but attribué par l'observateur. La téléologie est l'étude des systèmes finalisants acceptant différentes plages de stabilité structurelles et capables, en général, d'élaborer des buts ou de modifier leurs finalités. Dans les systèmes humains psycho-socio-politique, cette téléologie peut très bien se nommer « autodétermination ». Les systèmes téléologiques ou intentionnels sont capables non seulement de se comporter (c'est-à-dire d'agir) par rapport à quelque finalité injectée ou permanente – comme les systèmes téléonomiques ou finalisés – mais aussi d'élaborer des buts et de changer eux-mêmes leurs finalités, leurs projets ou leurs intentions. Trace. Marque, ce qui reste d'une chose, d'un événement passé. Usage. Action de se servir de quelque chose. C'est aussi la coutume, l'habitude commune à un groupe, un ensemble de pratiques sociales, l'expérience de ce qu'il faut dire ou faire. Usure. Détérioration due à une utilisation trop fréquente ou prolongée. Affaiblissement, disparition sous l’effet du temps. Vecteur. De manière générale, le terme « vecteur » est associé à l'idée de transport. D’un point de vue anecdotique, il désigne une infrastructure située au centre de la ville de Charleroi, qui comprend une multiplicité de volumes permettant de localiser de façon durable 9 partenaires, dont la plate-forme MNÓAD. Pilotée par l’asbl Orbitale, cette initiative singulière dans le paysage culturel régional se définit comme une coalition d’idées, un générateur d’échanges destiné à identifier, stimuler et produire la création émergente. La convergence d’énergie est destinée à engendrer foison de concerts, rencontres littéraires et conférences, expositions, rendez-vous d’art cinématographiques et digitaux. La transversalité dégagée conduisant à la valorisation d’espaces pédagogiques, d’ateliers et de réflexions éditoriales. L’ambition du Vecteur est d’offrir à l’ensemble de l’infrastructure une visibilité forte sous la forme d’un pôle artistique radicalement dédié à l’interdisciplinarité mais aussi participatif à l’activité de la cité et de sa communauté. Vitalisme. Conception philosophique définissant la vie comme de la matière dans laquelle se trouve un principe ou force vitale. Selon cette conception, c'est cette force vitale qui insufflerait la vie à la matière. D'après cette doctrine il existe en chaque individu un « principe vital », distinct à la fois de l'âme pensante et des propriétés physico-chimiques du corps, gouvernant les phénomènes de la vie. Malgré son unité sémantique, le vitalisme est à entendre de deux façons : d'une part, il s'agit d'une position scientifique de nature axiomatique qui a été l'objet de débats et de polémiques au sein de la communauté scientifique et qui est aujourd'hui tombée en désuétude, d'autre part, il s'agit d'une position – ou théorie – philosophique encore vivante aujourd'hui.