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COMPLEMENTS DE TELEOLOGIE ANOMIQUE :: LEXIQUE

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Affect. Ce qui affecte, émeut. C'est un objet immatériel de l'influence, et un état affectif élémentaire, par opposition à l'intellect. Réactivité ou insensibilité face aux stimuli internes ou externes. Anecdote. Récit d'un petit fait peu commun. Aval. Au-delà ; plus près du point d'aboutissement. Conséquences. Anomie. L'anomie (du grec an- : absence de, et nomos : nom, loi, ordre, structure) est l'état d'une société caractérisée par une désintégration des normes qui règlent la conduite des hommes et assurent l'ordre social. L'anomie se comprend peut-être mieux entre autonomie et hétéronomie et elle ne signifie pas pour autant désordre social. En effet, si l'on prend le sens de l'anomie telle que l'entendait Jean-Marie Guyau, on s'aperçoit que cette notion signifie que l'idée que nous avons d’un « devoir » qui serait un donné extérieur doit se chercher d’autres « équivalents » ou « sub-stituts » personnalisés et pratiques, conduisant, sur le plan de l’esprit et de la morale, à une sorte d’individualisme de la pensée spirituelle. Apathie. État d’une âme qui n’est susceptible d’aucune émotion ; incapacité de s'émouvoir ou de réagir, par mollesse, indifférence. Pratiques de l'usure : échappée, fuite, manières de contrer, détourner ou enrayer le phénomène néfaste de l'apathie. Bicéphale (le veau ... de Berthe) Pluriel, composé, schizophrène, mais unique. Cfr le veau bicéphale chez Berthe. Bruit. La distinction entre musique et bruit ayant toujours été au cœur des débats, il apparaît néanmoins plus ou moins clair que le bruit a toujours été ressenti comme destruction, pollution, agression contre le code qui structure le message. Nuisance. Et si, au tournant des années 1950, la conception schaefferienne d’une réduction phénoménologique appliquée à l’écoute des objets sonores tout comme la conception cagienne de l'accident sonore contribuent à interroger nos rapports aux bruits, la théorie de l’information semble avoir imposé son diktat en ce qui concerne la manière d’appréhender le bruit, ce signal gênant la réception d’un message. Bruit agression contre le code. Qui plus est, d’un point de vue biologique, le bruit est un moyen de faire mal : au delà d’une limite, il se fait « arme immatérielle de la mort ». Néanmoins, comme le remarque avec justesse Jacques Attali, la mort n’étant qu’un excès de vie, le bruit a toujours été perçu comme une forme de drogue, source d’exaltation, vertu thérapeutique. Le bruit est par conséquent un enjeu pour le pouvoir qui se l’approprie, lorsqu’il fonde sa légitimité sur la peur qu’il inspire, sur sa capacité à créer de l’ordre social et sur son monopole de la violence. Aussi, à l’origine de l’idée religieuse, il y a à chaque fois le thème du bruit, de son écoute et de sa mise en forme. Ce que Attali met en évidence, c’est que le bruit est une arme et la musique est, à l’origine, « la mise en forme, la domestication, la ritualisation de l’usage de cette arme en un simulacre du meurtre rituel ». En ce sens la musique bruitiste ou noise (depuis les expérimentations du futuriste Russolo à Merzbow, en passant par Fluxus, la musique industrielle, etc.) retrouve les voies de l’expression brute, initiale, encore désordre. Elle renvoie à l'origine de la musique dans l'état de pré-domestication du son, en même temps qu'elle aboutit, dans son extrême vitalité, à l'ouverture maximale de l'oeuvre au sein de laquelle se brouillent toutes les ignifications (le bruit blanc considéré par U. Eco comme seuil maximale et limite de la poétique de l'oeuvre ouverte). - Voir aussi 'Noise'. A savoir : "Noise : le mot anglais correspond d'assez près au français bruit, avec ce que cela connote dans le domaine des sciences de l'information - un 'fond' brouillé sur lequel est appelé à se dégager une 'figure' clairement identifiable, définie par un 'code' sur lequel émetteur et récepteur se seront préalablement mis d'accord. Le Bruit, c'est donc une présence sous-jacente qui précède l'information ou la musique, qui l'entoure et qui n'y fait irruption que sous la forme déformante d'un brouillage malvenu. Noise : le mot français, aujourd'hui vieilli mais qui est probablement la source du dérivé anglais, est resté dans notre langue pour évoquer 'querelles' et 'disputes'. 'Chercher noise à quelqu'un', c'est le provoquer, le pousser à bout, sans autre raison apparente que le plaisir de troubler la communication. L'étymologie est plus malsaine encore, puisqu'elle renvoie au latin nausea : 'le mal de mer'. (...) La sensibilité noise concilie de façon frappante cette audace querelleuse (militante, décoiffante, potentiellement guerrière) avec des pratiques productrices (plus ou moins brutales, plus ou moins raffinées) qui ont en commun de laisser advenir un déploiement sonore échappant constitutivement à 'l'imposition de force' et à 'la volonté anthropocentrique' sous-jacentes aux gestes musicaux traditionnels. Laisser-être la saturation, se rendre attentif à ses mouvements propres, sans se crisper dans la peur ni s'endormir dans le confort de son ronronnement, exprime peut-être le plus profondément et le plus adéquatement les frissons propres à notre époque de surexposition." (Yves Citon, "Le percept noise comme registre du sensible", in Multitudes n° 28, mars 2007). - En tant que pratique de l'usure et de la fuite, et en tant que principe fondamental pour la téléologie anomique : saturation, jusqu'au boutisme, état limite, dépense, extatisme. Cause. Ce qui est relatif à une raison, un motif. Ce qui fait que quelque chose existe ou a lieu. Amont. Chauvinisme. Reflet d'une admiration exagérée voire trop exclusive de son pays, de sa région, de sa terre. Détournement constructif : ROEC. Conséquence. Suite d'une action, résultat, ce qui est engendré. Effets, aval. Cri. Son qui ne véhicule aucune parole, régression jusqu'au niveau le plus archaïque de la vie psychique et corporelle. Le cri est naturellement et culturellement un geste très symbolique. L'affolement de la voix s'oppose à l'articulation de la voix. Il s'agit d'une impulsion première constituant une référence instinctive. Extatisme. Critique. Qui est enclin à la critique. Qui donne un jugement, une appréciation. Qui correspond à une crise, à un seuil. Manière de se positionner. Culture. La culture, dans son sens le plus large, est considérée comme l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Bien qu'une société soit caractérisée par sa propre culture, elle admet, en son sein, des cultures différentes. Il n'y a au fond que des unités dispersées, une multitude de cultures qui se rencontrent, s'opposent, se mélangent et, finalement, se transforment. Cet aspect est également présent au niveau individuel : homme pluriel et éclectisme culturel. Dépense. Emploi que l'on fait de quelque chose. Action désintéressée, don de soi, pure perte. Echo. Répétition, dans un contexte spatio-temporel particulier, d'un son percuté. Evocation. Ecosophie. “Perspective incluant les dimensions éthiques, et articulant entre elles l'ensemble des écologies scientifiques, politiques, environnementales, sociales et mentales. Ainsi cette écosophie est peut-être appelée à se substituer aux vieilles idéologies qui sectorisaient de façon abusive le social, le privé et le civil et qui étaient incapables d'établir des jonctions entre la politique, l'éthique et l'esthétique” (F. Guattari). L''écosophie' (éco pris dans sa racine grecque, soit oïkos : maison, habitat, milieu naturel) consiste en une réponse multipolaire, de facture politique, sociale et culturelle, réponse que Guattari définit lui-même comme ''éthico-politique'' venant nouer trois champs au demeurant hétérogènes : celui de l'environnement, celui des rapports sociaux et enfin celui de la subjectivité. Emotion. Une émotion est créatrice d'un changement d'état dans le monde du vivant - émouvoir = mettre en mouvement. Ce changement est vécu physiquement. Le déclenchement émotionnel est lié à un changement dans la manière de vivre une relation ou d'être en relation. Une émotion a d'abord une manifestation interne et génère une réaction extérieure. Elle est provoquée par la confrontation à une situation et à l'interprétation de la réalité. En cela, une émotion est différente d'une sensation, laquelle est la conséquence physique directe (relation à la température, à la texture...). La sensation est directement associée à la perception sensorielle. La sensation est par conséquent physique. Quant à la différence entre émotion et sentiment, celle-ci réside dans le fait que le sentiment ne présente pas une manifestation réactionnelle. Néanmoins, l'accumulation des sentiments peut générer des états émotionnels. Enjoy. Satisfaction momentanée. Apprécier, profiter de l'instant. Enthousiasme. Vive émotion, exaltation, ferveur. Challenge : à maintenir quand les projets avortent ou aboutissent. Excès. Ce qui dépasse la mesure normale ou prévue. Dérèglement, abus, exagération, outrance, surabondance, surplus, surcharge, saturation. Ce qui éclate. Extatisme. Se tenir (sto, stas, stare) en dehors de soi-même (ex). L’extase est compris comme le moment où l’on part, où l’on est hors de soi. Lié à la dépense ou à la performance : abandon vitaliste. Fausse(s) Couche(s). Initialement centrée sur la promotion des musiques expérimentales, l'inframince structure consiste aujourd’hui en une plate-forme à géo/carto-graphie variable qui propose, sans fréquence logique autre que spontanée et dans une perspective critique, des netreleases, des articles, des images, des références, des fragments d'agenda, des performances, des occasions de déplacement, etc. Basée à Le Roeulx, terre d'origine de ses trois protagonistes (S. Biset, Jean DL, Impostor), cette initiative ou nécessité interindividuelle s'inscrit dans une démarche spéculative et prospective ayant pour ferment la créativité critique (choix d'une expressivité hypersubjective anti-spectaculaire), (auto)réflexive et perspectiviste puisque liée à des formes d'itinéraires (littérales et imagées) et de singularisation. La plate-forme naît par ailleurs d’une réflexion sur ladite « pratique de l’usure », une pratique fondée sur le sentiment d’une succession d’impasses auxquelles mène, fréquemment, la production critique. Sans s'y limiter c’est essentiellement par l’expression musicale que ces artistes en illustrent l’évidence, mettant en valeur la nécessité de faire de telles impasses des balises à dépasser. Passer par l'excès (saturation, fin) pour détruire les acquis ; privilégier un processus de construction basé sur les soubresauts de l'éclat ; inventer à chaque occasion de nouvelles perspectives, finalités et lignes de fuites. Si elle peut troubler par sa dureté et son besoin de renouvellement, cette attitude « ne sous-tend aucune complaisance nihiliste basique, il s’agit d’une construction fondée sur ce qu’on pourrait se hasarder à nommer, dans l’excès au fond amusant de délire intellectualiste, une ‘téléologie anomique’. Une perspective fuyante caractérisant nos projets, une fuite vers l’avant passant par la mise en impasse de chaque étape de l’itinéraire. Autrement dit des pratiques de l’usure, de la saturation, de ce qui éclate, ce qui témoigne d’une approche très vitaliste du comportement, des choix et de l’usage du temps imparti ». Feuillien (Saint-). Au VIIe siècle, un moine irlandais nommé Feuillien vint sur le continent prêcher l'Evangile. En 655, alors qu'il traversait la forêt charbonnière, sur le territoire de l'actuelle commune du Roeulx, Feuillien et ses compagnons furent martyrisés et décapités. A l'endroit de son supplice, à proximité d'un étang et de son îlot, ses disciples élevèrent une chapelle qui deviendra, en 1125, une abbaye de Prémontrés : l'Abbaye de Saint-Feuillien du Rœulx. A proximité fut construit un château, dès le XIIe siècle, marquant définitivement le territoire rhodien. Jusqu'à la Révolution française, l'abbaye prospéra. En ces jours tourmentés, elle fut condamnée par les révolutionnaires. Durant des siècles, les moines y avaient brassé la bière et cette tradition s'est perpétuée jusqu'à nous. La St-Feuillien est une bière de fermentation haute, brassée à partir d’une eau extrêmement pure, dont la source jaillit sous la Brasserie. Les malts et houblons utilisés sont de tout premier choix. Pour la Blonde et la Triple, un malt pâle ; pour la Brune et la Cuvée de Noël, des malts spéciaux sélectionnés. Fin(s). L’été 2007, remarquant que le briquet dont j’essayais vainement de faire l’usage allait rendre l’âme, je laissai échapper quelques mots : « à mon avis c’est la fin… ». Un ami me fit remarquer la beauté de cette formule, en soi réellement tragique. Compilant chaque phrase dévoilant le mot "fin", essentiellement les formules les plus courtes, nous nous sommes aperçus que le regret accompagnait forcément ce type de locution, mais aussi que la situation d’énonciation était le plus souvent marquée par l’intuition, le pressentiment. Il ne s’agit en aucun cas d’énoncés dits performatifs (« quand dire c’est faire », l’énoncé impliquant une action), mais de constats, la formulation d’un regret annoncé, ou le sentiment d’une perte inéluctable (ou d’une transition inévitable). Etrangement, cet épisode allait être décisif pour notre pratique (extra-musicale) puisqu’elle s’appliquait curieusement aux perspectives qui nous animaient depuis quelques années. Passer par l'excès et la saturation pour détruire les acquis ; privilégier un processus de construction basé sur les soubressauts de l'éclat. Une « pratique de l’usure » fondée sur le sentiment d’une succession d’impasses, autrement dit des balises à dépasser d’une manière ou d’une autre. Si elle peut troubler par sa dureté et son besoin de renouvellement, en aucun cas on ne pourra considérer cette attitude comme négativiste, elle ne sous-tend aucune complaisance nihiliste basique, il s’agit d’une construction fondée sur ce qu’on pourrait se hasarder à nommer, dans l’excès au fond amusant de délire intellectualiste, une « téléologie anomique ». Une perspective fuyante caractérisant nos projets, une fuite vers l’avant passant par la mise en impasse de chaque étape de l’itinéraire (autrement dit des pratiques de l’usure, de la saturation, de ce qui éclate, ce qui témoigne d’une approche très vitaliste du comportement, des choix et de l’usage du temps imparti). Finalisme. Doctrine philosophique selon laquelle les causes finales constituent le principe de tout ce qui est. Le finalisme est une option théorique qui affirme l'existence d'une cause finale de l'univers, de la nature ou de l'humanité. Elle présuppose un dessein, un but ultime, une signification, immanents ou transcendants, présents dès leur origine. Jeu. Activité d'ordre physique ou psychique, plus ou moins soumise à des règles conventionnelles, à laquelle on s'adonne pour se divertir, tirer du plaisir et de l'amusement. Aussi, le jeu transpose dans un objet concret des systèmes de valeurs ou des systèmes formels abstraits. De ce point de vue le jeu peut être considéré comme une métaphore ou un mode de représentation du monde (ou d'une de ses parties). Jouer et/ou inventer un jeu, construire une partie en interaction avec son adversaire ou partenaire relève alors d'une activité culturelle de haut niveau. Le psychanalyste Donald W. Winnicott, dans sa théorie relative aux phénomènes transitionnels et à l’espace potentiel, démontre en quoi les limites de temps et d’espace correspondant aux phénomènes transitionnels (et équivalant à l’espace du jeu) sont ce qui permet l’illusion en tant que lieu de rencontre et d’interaction entre des réalités internes et externes, entre le soi et l'autre. Pour le psychanalyste, « l’acceptation de la réalité est une tâche sans fin et nul être humain ne parvient à se libérer de la tension suscitée par la mise en relation de la réalité du dedans et de la réalité du dehors […] cette tension peut être soulagée par l’existence d’une aire intermédiaire d’expériences qui n’est pas contestée (arts, religion, etc.) » (Donald W. Winnicott, Jeu et réalité. L’espace potentiel, Paris, Gallimard, 1975). Itinéraire. Chemin à suivre ou suivi. Route, parcours, trajet. Limite. Frontière entre deux réalités contigües. Point où s'arrête l'action de quelqu'un ou de quelque chose. Ce avec quoi l'on flirte avant l'excès ; ce qui annonce le coup d'éclat. Musique. Au sens le plus large, la musique est l'art qui consiste à arranger et ordonner les sons et les silences au cours du temps : le rythme est le support de cette combinaison temporelle, la hauteur celle de la combinaison fréquentielle, etc. Dans un sens strict, il conviendra de nuancer cette définition, puisque l'intrusion de l'aléatoire, notamment, a dénié tout caractère volontaire à la composition. Dans les cas les plus extrêmes, pourtant devenus courants, la distinction entre musique et bruit reste un objet de débats. On comprendra par "musique" : acte de création sonore volontairement posé, peu en importe la forme et les moyens. Nécessité et/ou prétexte instinctif(s). Noise. "Noise : le mot anglais correspond d'assez près au français bruit, avec ce que cela connote dans le domaine des sciences de l'information - un 'fond' brouillé sur lequel est appelé à se dégager une 'figure' clairement identifiable, définie par un 'code' sur lequel émetteur et récepteur se seront préalablement mis d'accord. Le Bruit, c'est donc une présence sous-jacente qui précède l'information ou la musique, qui l'entoure et qui n'y fait irruption que sous la forme déformante d'un brouillage malvenu. Noise : le mot français, aujourd'hui vieilli mais qui est probablement la source du dérivé anglais, est resté dans notre langue pour évoquer 'querelles' et 'disputes'. 'Chercher noise à quelqu'un', c'est le provoquer, le pousser à bout, sans autre raison apparente que le plaisir de troubler la communication. L'étymologie est plus malsaine encore, puisqu'elle renvoie au latin nausea : 'le mal de mer'. (...) La sensibilité noise concilie de façon frappante cette audace querelleuse (militante, décoiffante, potentiellement guerrière) avec des pratiques productrices (plus ou moins brutales, plus ou moins raffinées) qui ont en commun de laisser advenir un déploiement sonore échappant constitutivement à 'l'imposition de force' et à 'la volonté anthropocentrique' sous-jacentes aux gestes musicaux traditionnels. Laisser-être la saturation, se rendre attentif à ses mouvements propres, sans se crisper dans la peur ni s'endormir dans le confort de son ronronnement, exprime peut-être le plus profondément et le plus adéquatement les frissons propres à notre époque de surexposition." (Yves Citon, "Le percept noise comme registre du sensible", in Multitudes n° 28, mars 2007). Voir Bruit. Percept. Nom philosophique donné à des perceptions et des sensations qui survivent à ceux qui les éprouvent, tout comme le concept est une idée qui survit à son auteur. Perspective. Aspect de ce qui est vu de loin. Point de vue, approche particulière sur une idée, un événement. Perte. Privation d'une chose que l'on possédait. Pure perte : dépense sans résultat, désintéressement. Projets. Ensemble d'activités qui sont prises en charge, dans un délai donné et dans les limites de ressources imparties, par des personnes qui y sont affectées dans le but d'atteindre des objectifs définis. Relation. Tout ce qui, dans l’activité d’un être vivant, implique une interdépendance, une interaction (avec un milieu) - Caractère de deux objets qui sont tels qu’une modification de l’un entraîne une modification de l’autre - Lien de dépendance ou d’influence réciproque (entre personnes) - Personne avec laquelle on est en relation - Caractère de deux ou plusieurs objets de pensée en tant qu’ils sont englobés dans un même acte intellectuel - Rhizome : logique de la coordination multiple. Rodium. Nom latin signifiant essartage, défrichage. Toponyme fréquent (ancien français : Ruelz, Roels, etc.). Fossé séparant initialement l'abbaye et le château, à l'origine de notre environnement de croissance. ROEC. "Réflexion sur l'origine d'un environnement de croissance". Parfois assimilé à ROPC, "Réflexion sur l'origine et des perspectives de croissance". Par des pratiques déambulatoires, prospectives, sonder l'évidence d'un milieu dans ce qu'il est déterminant pour le développement d'un individu. Constater des faits, événements et processus en aval, afin de s'approprier au mieux une situation donnée a priori évidente et envisager des perspectives ad hoc liées à la dite situation. Silence. Le silence, dans sa conception cagienne, peut être défini comme l'ensemble des bruits non organisés, non maîtrisés à la suite d'un acte de composition. L'absence d'opposition entre son et silence donne ainsi à ce dernier un statut actif : ce que l'on appelle en général silence n'est en réalité qu'une disposition d'esprit alors que nous sommes en réalité entouré de sons ("Le silence, ici bas, n'existe pas"). Cage préfère ainsi distinguer les sons que nous produisons intentionnellement de ceux qui surviennent indépendamment de notre volonté. Cette manière de penser la musique revient également à abolir la dualité fond/forme. Singularité. Ce qui rend une chose singulière, caractère original. Particularité. Manière d'agir, de penser, etc. hors de l'ordinaire. Singularisation : processus au cours duquel l'individu est amené à se réaliser comme unique. [Note : singularisaton et subjectivation sont au coeur du concept d''écosophie' (éco pris dans sa racine grecque, soit oïkos : maison, habitat, milieu naturel) développé par Guattari, qui consiste en une réponse multipolaire, de facture politique, sociale et culturelle, réponse que le philosophe définit lui-même comme ''éthico-politique'' venant nouer trois champs au demeurant hétérogènes : celui de l'environnement, celui des rapports sociaux et enfin celui de la subjectivité.] Spectacle (+ société du ..., critique du ...). Ce qui attire le regard. Représentation, manifestation donnée devant un public. Le spectacle est à la fois l’appareil de propagande du pouvoir capitaliste et un rapport social médiatisé par des images. "Le spectacle se représente à la fois comme la société même, comme une partie de la société, et comme instrument d'unification. En tant que partie de la société, il est expressément le secteur qui concentre tout regard et toute conscience. Du fait même que ce secteur est séparé, il est le lieu du regard abusé et de la fausse conscience ; et l'unification qu'il accomplit n'est rien d'autre qu'un langage officiel de la séparation généralisée" (G. Debord, La société du spectacle). Frein à la singularisation. Subjectivation. "Processus aboutissant à l'avènement d'un sujet désormais en mesure, au sein de ses déterminismes internes et externes mêmes, d'affronter ses conflits propres dans son espace propre" (R. Cahn, Adolescence et folie). Capacité à reprendre et signer son histoire au titre du "Je", dans sa culture ainsi que dans le plaisir pris pour soi et avec l'objet (selon P. Aulagnier)."La subjectivation renvoie à la définition culturelle du sujet. Elle se manifeste notamment dans l'activité critique et dans la construction d'une distance à soi et au monde (…) (F. Dubet, "Sociologie du sujet et sociologie de l'expérience"). [Note : Subjectivation et singularisaton sont au coeur du concept d''écosophie' (éco pris dans sa racine grecque, soit oïkos : maison, habitat, milieu naturel) développé par Guattari, qui consiste en une réponse multipolaire, de facture politique, sociale et culturelle, réponse que le philosophe définit lui-même comme ''éthico-politique'' venant nouer trois champs au demeurant hétérogènes : celui de l'environnement, celui des rapports sociaux et enfin celui de la subjectivité.]. Téléologie. La téléologie est l'étude de la finalité, à ne pas confondre avec l'étude des causes finales, le finalisme. La téléologie et la téléonomie sont des notions qui se rapportent au but à atteindre ou finalité. Cette finalité peut être déclarée (comme les intentions exprimées) ou interprétée à partir de l'observation des comportements qui semblent tendre vers un but attribué par l'observateur. La téléologie est l'étude des systèmes finalisants acceptant différentes plages de stabilité structurelles et capables, en général, d'élaborer des buts ou de modifier leurs finalités. Dans les systèmes humains psycho-socio-politique, cette téléologie peut très bien se nommer "autodétermination". Les systèmes téléologiques ou intentionnels sont capables non seulement de se comporter (c'est-à-dire d'agir) par rapport à quelque finalité injectée ou permanente - comme les systèmes téléonomiques ou finalisés - mais aussi d'élaborer des buts et de changer eux-mêmes leurs finalités, leurs projets ou leurs intentions. Trace. Marque, ce qui reste d'une chose, d'un événement passé. Vitalisme. Conception philosophique définissant la vie comme de la matière dans laquelle se trouve un principe ou force vitale. Selon cette conception, c'est cette force vitale qui insufflerait la vie à la matière. D'après cette doctrine il existe en chaque individu un "principe vital", distinct à la fois de l'âme pensante et des propriétés physico-chimiques du corps, gouvernant les phénomènes de la vie. Malgré son unité sémantique, le vitalisme est à entendre de deux façons : d'une part, il s'agit d'une position scientifique de nature axiomatique qui a été l'objet de débats et de polémiques au sein de la communauté scientifique et qui est aujourd'hui tombée en désuétude, d'autre part, il s'agit d'une position - ou théorie - philosophique encore vivante aujourd'hui.