..LAST WEEKS.. . .. PAST :: 5 : 4 : 3 : 2 : 1.... . WHO ? WHY ? WHERE ?. .....COMPLEMENTS. .... .MNÓAD...... CONTACT

 

 

. ARTICLE 28 (july 2008)
. 28-29-30th June : : LE ROEULX - FOLKLORE ET FESTIVITES

 

28, 29 et 30 juin 2008. Le Roeulx, festivités locales : : feu St-Jean, folklore carnavalesque, grillades, Jeroboam, char de bière Grisette/St-Feuillien, challenge mongolfières au château de SAS Monseigneur le Prince de Croÿ-Roeulx et de Solre, promenade clandestine, feu d'artifice, brûlage des bosses : :

Archive photos et film-document-archive (50min-couleur) par Sébastien Biset.

Contraction de Lyme par D.L.

NB : : Projection d'un film sur les festivités locales, par R.Tournay, le 30 août 2008, au CCSVR - Cercle Culturel du Roeulx.

 

.

.

.

..

..


 

 

 

. ARTICLE 27 (juny 2008)
. SOME NEWS

- Jean D.L. : : cd "Interior" (Split w. Noir) : : YGR015 (Young Girls Records/2008) : : 33 Copies

- Jean D.L. : : cd "Anticipation Prématurée" (Autoproduction/2008) : : 15 copies

- Jean D.L. : : cd "For A." (Autoproduction/2008) : : 1 copie - Sold out

- Sébastien Biset : : 5 juin 2008 : : Conférence sur les enjeux et perspectives des pratiques relationnelles de l'art et de la culture aujourd'hui, Académie Royale de Belgique, section Beaux-Arts.

- Sébastien Biset : : 20 juin 2008 : : Communication à l'Institut National d'Histoire de l'Art, Paris, dans le cadre de la journée d'étude "Irresponsabilité de l'art?" : : "Dépolitisation de l'art et pratiques de responsabilisation. Quand le désengagement artistique appelle la tactique de l'usage" (Marges n°9).

 

 

 

. ARTICLE 26 (17. 05. 2008)
. SEBASTIEN BISET /// LAST WORKS ...

 

# Sébastien Biset : HOW TO ENJOY A SALMANAZAR

Not really a performance but something like that, with Ben Impostor and a lot of people, a moving bar and a gift (a 'Salmanazar', or 'how to share 9 liters of St-Feuillien') as an extension of our roec's.

 

 

# Sébastien Biset : LE ROEULX - DERIVES (book and photographs 24X32cm, 80p) + HIC ET NUNC, 03-06.05.08, SUITE DE... (video, 39min)

ROEC's (2008). Text and photographs, book (80p) edited in 3 unique copies. A video (39min) accompanies this work, as a very personnal compilation of moments and places.

 

.

.

 

# Sébastien Biset - SEVEN DRIFTS [walks and fieldrecording, Le Roeulx] (cd 80 mm-size, 24 min)

This record, exclusively made with sounds from Le Roeulx and edited in 55 copies accompanies the book "Le Roeulx - Dérives", edited in 3 unique copies. The book is a compilation of more than a hundred b&w photographs I took in Le Roeulx and its surroundings, were I spent my childhood ans where I continue to drift some days a s a kinf of pilgrim, as a walker.

 

: : DOWNLOAD THIS WORK NOW : :

Sébastien Biset - Seven Drifts
All tracks recorded, composed and mixed by Sébastien Biset.
Thanks to Ben Impostor for some of his samples.
Photographs and artwork by Sébastien Biset.
March & April 2008. Le Roeulx & Bruxelles (Belgium).

 

# Sébastien Biset + Impostor - MOMENTS AND PLACES 01-03.08 (split cd 80mm-size, 24 min)

Sébastien Biset and Ben Impostor, end of winter 08, Le Roeulx - Bruxelles - Sirault - De Panne, photographs and artwork by Sébastien Biset, 25 copies.

 

: Tracklist :

Favor for instantaneities
A few things that implode
Aire des Hauts-Bois
Phone

. . .

www.sepiahours.net


 

 

 

. ARTICLE 25 (29. 04. 2008)
. PRATIQUES DE L'USURE ET MANIERES D'ETRE LA ... Un événement FAUSSE(S) COUCHE(S) (ET AUTRES PRATIQUES DE L'USURE...), L'Ecurie, Bruxelles (Laeken), les 10 et 11 mai.

 

 

- OU ET POURQUOI ?
 
"L’occupation éphémère peut être le moteur d’un projet culturel et de ses ambitions socio-politiques. Ainsi, une association qui se crée à cette fin met au service ses compétences d’intégration de domaines différents (architecture, arts plastiques, dimension sociale,…) et devient le porteur d’un projet qui favorise les échanges dynamiques et les collaborations entre ces différents acteurs. Le défis d’une telle démarche est de garder une indépendance suffisante, et d’assurer une autogestion de l’espace occupé afin de pérenniser un modèle participatif accueillant des expressions artistiques et culturelles différentes. L’utilisation temporaire d’espace inoccupés soulève aussi bien des questions communautaires culturelles et liées au bénévolat que des questionnements par rapport à la politique immobilière et au pouvoir public.
L’Ecurie est un  collectif d’artistes bruxellois qui organise depuis six ans des évènements artistiques. Bien que l’exposition reste la principale activité du collectif composé principalement de plasticiens, L’écurie organise aussi des concerts, des performances, des pièces de théâtre et d’autres expériences artistiques non conventionnelles. L’écurie cherche avant tout à construire un système de diffusion du travail artistique non officiel et adapté aux besoins des artistes. Elle cherche à s’impliquer à tout les stades de la conception artistique, en développant des projets d’occupation d’espace rendant l’utilisation d’ateliers possibles à des prix démocratiques et cherche aussi des espaces ou la diffusion des projets artistiques est possible. Lieu d’occupation burxellois de L’écurie : Ancienne écurie, Anderlecht 2001-2004 ; Ancienne Maison Communale de Jette, 2005-2006 ; Ancien bâtiment de la RTT (Belgacom), Laeken, 2007-?".  >>>> Un plan d'accès se trouve ICI.
 
- QUOI ?
 
La plate-forme rhodienne Fausse(s) Couche(s) (Et autres pratiques de l'usure...) propose, au sein de l'ancien bâtiment de la RTT (Laeken) occupé par l'Ecurie, les 10 et 11 mai prochains dès 18h (concerts dès 20h), l'inframince événement PRATIQUES DE L'USURE ET MANIERES D'ETRE LA... La finalité première du week end est de rassembler des plate-formes, structures ou projets caractérisés par un fonctionnement en autogestion, garant d'une réelle singularité des démarches, processus et perspectives. Musique, performances, vidéos, arts plastiques, revues, ... des réseaux (en mouvement, peu en importe la durée, la fragilité, la résistance) de créateurs belges (du nord, du sud et du centre) existent, naissent et se modifient au fil des rencontres, échanges et confrontations.
 
- Pour les CASANIERS
 
Bien que le lieu de l'événement soit facile d'accès, il est possible, pour les plus sédentaires d'entre vous (ca se corrige), de visionner l'événement sur le net. Il sera diffusé en streaming à cette adresse (il suffit d'entrer un login) : http://projectsinge.net/ad_dress
(Ne réfrénez pas pour autant l'envie d'être là...)
 
 
Au plaisir de vous y retrouver !...
 
 
AU PROGRAMME ...
 
/ En permanence : collages THIERRY TILLIER, vidéos JEAN DE LACOSTE et CLEMENT MONTAGNE, revues VERRUE et BARILLET, produits des différents intervenants...
 
/ Samedi 10 mai :

GRAIN OF SAND
NOIR
JEAN DL
MONGOLITO
DEMETAN MESLIER
SEBASTIEN-L
 
/ Dimanche 11 mai :
 
CLODO 3000
CHRISTOPHE PIETTE
BENJAMIN FRANKLIN
LUCILLE CALMEL
DAVID NEAUD
JF BLANQUET
SEBASTIEN BISET & IMPOSTOR (+ 'How to enjoy a Salmanazar')
 
 
4 Euros | Dès 18h | Concerts dès 20h
RTT - 194 rue de Molenbeek 1020 Bruxelles (Laeken)
Accès aisé : Métro Pannenhuis ou Tram 81/94 Outre-Point
www.lecurie.org
 
Plan ICI.
 
Infos & détails & autres : www.fausses-couches.net


 

 

 

. ARTICLE 24 (20-27. 04. 2008)
. ROEC's, ROEC's, ROEC's ... Journée brasseries portes ouvertes, concert de cors de chasse, réception aux écuries du château, promenade clandestine, mignonettes de porc à la st feuillien, enchères et rafale d'acquisistions ...

 

Journée brasseries portes ouvertes
Concert de cors de chasse
Réception aux écuries du château
Promenade clandestine
Mignonettes de porc à la st feuillien en contexte pré-estival
Investigation cartographique
Enchères et rafale d'acquisitions ...

En cours et à venir :

"Le Roeulx - Derives", album-livre, compilation de photographies n/b + "Seven Drifts (walks and fieldrecording, Le Roeulx)", cd 8 cm, 24min, 55 exemplaires. La notion de trajet sous-tend les deux objets ; il existe des axes forts dans l’espace qui incitent, sur le plan de la subjectivité, à emprunter, en cours de pérégrination, tel parcours plutôt qu’un autre.

 

..

..

 

 

 

 

 

. ARTICLE 23bis (03-04. 2008)
. FAUSSE(S) COUCHE(S) in Barillet n°4

 

Fausse(s) Couche(s) - Et autres pratiques de l'usure mis à l'honneur dans la revue Barillet, n°4. 3 versions (4a, 4b, 4c) sont proposées, autour de Jean DL, Sébastien Biset et Impostor.

EDITO

Barillet n’est pas une revue qui se développe selon des "thématiques", mais plus largement sur des rencontres au sein et au-delà d’un réseau de connaissances et de relations, dont la densité se révèle au fur et à mesure qu’il s’étend.
La particularité de ce réseau est d’être informel, c’est-à-dire que les gens qui le composent ne revendiqueraient jamais d’en faire partie, puisqu’eux-mêmes n’ont pas dans leur conception des échanges une vision "finie" des enjeux, ni n’ont défini un but à atteindre en commun : ils "font".
La structure de ce réseau, s’il faut lui donner cette définition, est horizontale et in-centrée, puisque personne n’en est à l’origine et que personne ne la perpétue.
Je disais que le réseau "s’étend", mais là encore cela donne une idée fausse de sa nature, puisqu’en réalité, personne ne saurait se dire être situé en un point de référence tel qu’il en aurait une vision totalisante, ou simplement plus juste que celle des autres.
Dire même qu’il s’agit d’un "réseau", c’est circonscrire un phénomène qui a plutôt l’essence d’un événement improduit et dont on n’a d’écho que parce que l’on peut faire le constat d’y participer nommément.
De ce constat - dont on ne saurait tirer de conclusion ni même de règle générale, puisqu’il se rejoue sans cesse comme un simple "moment" constitutif d’un processus -, on ne peut que se surprendre soi-même de connaître par ses propres moyens des gens qui ont en commun la connaissance d’autres avec qui nous ne leur imaginions pas de lien, alors qu’ils font par ailleurs partie de nos propres connaissances.
C’est notamment en cela que ce réseau ne pourrait pas être assimilé à un "milieu" (artistique, musical, graphique, etc.), ni même à un "collectif" puisqu’il les transcende tous, au bénéfice des entités ponctuelles qui le composent spontanément.
Cet aspect spontané est sans doute ce qui constitue le réseau comme tel et c’est ce qui le rend nécessairement in-(dé)-fini.
Le paradoxe apparent, c’est que l’in(dé)fini dont je parle, repose précisément sur la somme des déterminations qui en sont la substance même.
Ces déterminations sont aussi multiples que ceux qui les ont suscitées et qui ont en cela enrichi leur propre expérience créative, en se signalant de par leur simple activité, qui apparaît en dernière analyse comme la preuve la plus incontournable d’une existence en train de produire des signes, quelque part.
De là, ils ont rendu possible la curiosité d’autres envers eux et se sont littéralement positionnés au sein du réseau, comme point de rencontre temporaire, support et relais possible de l’activité des autres.
Car, c’est simple fait qu’ils existent et qu’ils actent qui les rend accessibles, puisqu’ils sont de facto en interaction avec la trace continuelle des actes des autres.

Alain Van Haverbeke - 04.2008

édito
alain van haverbeke
musique
yann leguay
poésie
alexandre dalicia
musique
fausse(s) couche(s)

  1. Jean DL + The Nether Dawn
  2. S.Biset (Sepia.Hours) + Jupitter goes Quattrocento
  3. Impostor + Allseits

poésie
luc richir
photographie
marc durant
musique
mongolito

 

.......

......

S.Biset-JeanDL-Impostor-PortableNoiseKremator : : S. Biset, Le placard 02.09., Imal
No John et Impostor, Optimus Prime Fest., Tilburg : : S.Biset, Tilburg.

 

 

 

 

. ARTICLE 23 (03-04. 2008)
. UN GESTE D'INSUBORDINATION - S. Biset (Verrue n°3)

 

Noise ou bugcore font sens quand ils signalent, au-delà du métalangage de l’expressivité, l’anomalie, la saturation, les limites du potentiel de l’objet usé ou détourné. Le moment où l’usage de la machine dérape, où l’on excède et dépasse ses fonctionnalités originelles. Le jusqu-au-boutisme noise n’est pas tant affaire de forme que de geste. Dans le performantiel noise tout se joue en lui, dans ce geste que l’on pose et ce qui en résulte sur le plan du sonore ne peut en être isolé.
Sur le plan de l’expression artistique, extra-musical me concernant, trouver de nouvelles finalités nécessite de passer par l’excès, ensuite par l’impasse, avant de générer un possible qui fait sens. Ainsi, pour le praticien noise, saturer, faire crier, pousser dans ses retranchement le langage incompris de la machine, c'est avoir partiellement le contrôle de ce qui échappe. Le larsen, déjà, entre incident et accident, n’est plus tant considéré comme nuisible depuis qu’il est utilisé pour élargir la palette des sons dans l’acte de composition. Certains en chercheront la maitrise, d’autres lutteront avec lui dans un rapport sadique de plaisir destructeur (on trouve dans la scène expérimentale japonaise la plus belle illustration de cet antagonisme). Dans les deux cas l’incident est subordonné à la volonté du performer.
Fracas, bruit, énergie, excès, décharge. La dépense inhérente à certaines pratiques noisy ne fait pas l’éloge de la machine (un siècle après cet intérêt futuriste russoloiste), mais de sa limite. Loin de tout assujettissement, le noiser jouit d’une liberté qui n’est pas celle des adeptes du punk dont la revendication et la contestation constituaient les éléments fédérateurs d’une soif quasi pubère de distinction. Ni revendication ni contestation ni message dans le geste et le performantiel noise. Ce geste par ailleurs échappe à tout détournement de nature économique et à toute fin de profit parce qu’il est moins une attitude à vendre (sous prétexte de véhiculer un message ou un esprit fédérateur) qu’une pratique spécifique de l’expression poussée à sa limite. Il peut être rassurant de penser qu’une aporie du geste est plus rare qu’une aporie de l’attitude (c’est l’esprit ou l’attitude « rock » qui fait l’objet d’un marché, plus que la déflagration, le solo ou le larsen de guitare électrique qui leur sont pourtant associés). Il faut cependant admettre que la banalisation du phénomène ou du « geste » noise risque d’en affaiblir la pertinence et l’authenticité. A moins que ce geste n’ait de sens que lorsqu’il est vulgairement et communément réapproprié, pratiqué. Le seul danger est alors que le commun nous prive du singulier.

Si le geste défini ici renvoie à l’ « acte » et à la volonté de l’actant (ce qui précède et constitue la performance), on constatera aussi une « gestuelle » constitutive et propre à certaines pratiques de la noise music, tandis que d’autres démarches se caractériseront par une absence totale de mouvement et d’expression du corps au cours de la performance. Entre geste et non-geste semble se jouer ce rapport particulier du performer à la machine, au médium producteur de son. Dans les deux cas il y a subordination du son au performer. Mais si la gestuelle induit un rapport vitaliste – toutefois relatif – à la musique, un corps immobile peut facilement sous-tendre une attitude ou une relation à l’acte beaucoup plus rigide, froide et sans vie. S’opposent ici deux aspects de la noise music, l’un se caractérisant par des moments de dépense (forme vitaliste de la performance) l’autre par une froideur et une retenue du musicien au cours de la performance (forme mécaniste du geste noise). Pour faire simple il y a le dionysiaque et l’apollinien, le chaud et le froid, le lyrique et le géométrique, le gestuel et le constructiviste.
L’idée de mécanisme a longtemps été opposée à la notion de vitalisme. Le vitalisme est une conception philosophique définissant la vie comme matière dans laquelle se trouve un principe ou force vitale. Selon cette conception, c'est cette force vitale qui insufflerait la vie à la matière. D'après cette doctrine il existe en chaque individu un « principe vital », distinct à la fois de l'âme pensante et des propriétés physico-chimiques du corps, gouvernant les phénomènes de la vie. Le mécanisme est le double inversé du vitalisme : selon les doctrines mécanistes, la vie n'a aucune spécificité, le monde organique étant entièrement réductible aux lois de la matière. Pour exemple, il n’existait, selon Descartes, aucune distinction entre les êtres vivants et les êtres non-vivants : tous peuvent être assimilés à des machines, plus ou moins complexes, et les seules lois physico-chimiques suffisent à expliquer leur fonctionnement : « ces fonctions [les fonctions organiques] suivent toutes naturellement, en cette machine, la seule disposition de ses organes, ni plus ni moins que font les mouvements d'une horloge, ou autre automate, de celle de ses contrepoids et de ses roues » (Traité de l'homme). Cependant, s'il est rationnel de chercher l'explication des fonctions d'un organe dans la construction de modèles mécaniques, il se révèle impossible d'expliquer par les seules lois de la mécanique galiléenne ou cartésienne la formation générative d'organes ou d'appareils dont la coordination fonctionnelle est précisément ce qu'on entend par la vie du vivant. Comme l'écrit Canguilhem : « [...] le mécanisme peut tout expliquer si l'on se donne des machines, mais [il] ne peut pas rendre compte de la construction des machines » (« Machine et organisme » in La connaissance de la vie).
La deuxième partie de la Critique de la faculté de juger d'Emmanuel Kant présente l'opposition entre mécanisme et vitalisme comme une antinomie (Dialectique de la critique de la faculté de juger téléologique, §69-78). La solution « organiciste » que propose Kant au conflit entre ces deux doctrines est la suivante : penser l'animal comme organisé en vue d'une fin, car on ne peut pas le comprendre autrement ; et connaître l'animal en tant que produit du mécanisme, car la finalité n'est pas un concept issu de l'expérience.
Si d’une part on reconnaît qu’une connaissance scientifique du monde doit passer par une explication causale des phénomènes (l'argument des mécanistes), et que, d’autre part, les phénomènes biologiques sont réfractaires à ce type d'explication, et semblent au contraire nécessiter le recours à la notion de finalité (l'argument des vitalistes), Kant opère une distinction entre le point de vue méthodologique et celui de la réalité objective (point de vue ontologique). Il montre que l'adoption d'un point de vue téléologique, comme usage non pas constitutif mais régulateur de la raison, permet d'expliquer certains phénomènes (et en premier lieu les phénomènes vitaux) qui résistent à l'approche analytique. Comme l'écrit le philosophe : « Le concept des liaisons et des formes de la nature d'après des fins est à tout le moins un principe de plus, pour soumettre les phénomènes de la nature à des règles, là où les lois de la causalité d'après le simple mécanisme de la nature ne suffisent plus ».

Pour en revenir au rapport que notre contemporain entretient avec la machine, il ne sera pas anodin de préciser que de plus en plus, en ce début du XXIème siècle, celle-ci devient « mécatronique », avec une augmentation de puissance et d'intelligence, du fait de la combinaison de quatre disciplines majeures de l'ingénierie : la mécanique, l'électrotechnique, l'électronique et l'informatique. Plus que jamais cette dimension mécatronique pose la question du rapport entretenu par l’homme avec la machine. Généralisée, elle est devenue le prolongement du corps dans les gestes les plus triviaux du quotidien (tourner la clef de contact d’un véhicule motorisé, sentir un murmure s’éteindre au creux de l’oreille après avoir traversé des centaines ou milliers de kilomètres) et le sentiment du besoin, de la liaison voire de la dépendance apparaît. Nombreux sont ceux qui ne peuvent se passer de leur organiseur électronique, de leur téléphone multifonctionnel lecteur mp3 appareil photo, de leur ordinateur portable, ou, bien sur, de leur voiture. Actuellement, chaque fois que l’on parle de progrès en médecine, il s’agit toujours de progrès technologiques (on réalise des prothèses de plus en plus perfectionnées pour nous « réparer » par pièces détachées - vision mécaniste du corps -, etc.). Il suffit de se pencher sur les travaux du Dr Kurzweil pour s’inquiéter des visions, aspirations ou fantasmes futuristes du scientifique de renommée internationale. D’après le scientifique, notre espèce va se libérer des bases de sa génétique et réaliser des prouesses inimaginables en terme d’intelligence, de progrès matériel et de longévité. Les puces 3D miniaturisées ultra-performantes constituées de molécules biologiques amèneront l’homme et la machine à « fusionner », grâce à des dispositifs implantés dans le corps pour améliorer la santé et l’intelligence. Dans cette union de l’homme et de la machine, le savoir et les compétences implantés dans nos cerveaux se combineront aux vastes capacités, à la rapidité et aux capacités de partage de nos créations technologiques. Cette fusion est selon lui à la base de la Singularité, la nouvelle ère de l’humanité (bien que notre quotidien nous rappelle de jour en jour la nécessité de repenser cette notion d’humanité au travers de challenges et d’enjeux tout autres, autrement plus réalistes et urgents, environnementaux par exemple).

Dans ce contexte de dépendance de l’homme à l’outil technologique, considérer la pratique noise comme un éloge du potentiel machinique, de son bruit et de sa puissance constitue un véritable leurre. Il n’y a de pire bévue que de penser le geste noise comme finalisant la nature de la machine. Dans le cas contraire, je plains ceux qui le pratiquent comme tel. Le geste, sans doute par nature vitaliste (« le mécanisme peut tout expliquer si l'on se donne des machines, mais [il] ne peut pas rendre compte de la construction des machines »), entend exercer une pression sur la machine, il en cherche la limite, flirte sadiquement avec ses seuils et invente de nouvelles possibilités ; il la subordonne à sa volonté. Le geste a le dessus. Aussi, peut-on totalement donner raison à Yves Citon qui, dans un article toutefois excellent, laisser entendre que la sensibilité noise concilie « cette audace querelleuse (militante, décoiffante, potentiellement guerrière) avec des pratiques productrices (plus ou moins brutales, plus ou moins raffinées) qui ont en commun de laisser  advenir un déploiement sonore échappant constitutivement à 'l'imposition de force' et à 'la volonté anthropocentrique' sous-jacentes aux gestes musicaux traditionnels » (Yves Citon, « Le percept noise comme registre du sensible », in Multitudes n° 28, mars 2007) ? Peut-on appréhender la noise music sans penser le geste ? S’agit-il seulement de « laisser-être la saturation, se rendre attentif à ses mouvements propres, sans se crisper dans la peur ni s'endormir dans le confort de son ronronnement » ? Probablement pas. L’appréhension formaliste est totalement insuffisante. En amont il y a le geste, c’est lui qui est constituant ; il est insubordonné et il prime sur la forme. Contrairement au musicien qui réitère les mêmes gestes au cours d’une interprétation (les doigts d’un pianiste ou d’un guitariste, en dehors des phases d’improvisations, témoignent d’une attitude figée, ils « exécutent » presque mécaniquement une composition préétablie), l’accident, le subit et l’improvisé, inhérents à l’acte noise, sont les preuves d’une liberté absolue – ultime, peut-être. C’est en cela, notamment, que j’aime l’insubordination noise. Elle se distingue de la domestication des sensations, émotions et intuitions propre à la majorité des formes musicales. Et qu’on ne dise pas que c’est beaucoup de bruit pour rien. La noise (si non-mécaniste, si formulation de l’affect) est sans doute le geste musical populaire le plus simple qui soit, c’est le cri le plus modeste, celui de la naissance comme du tourment, de l’extatisme, de la ferveur et de la perte, un éclat limite (« en tant que source d’énergie, l’être est une colère a priori » Gaston Bachelard, L’eau et les rêves). En lui rien ne se dit, ni ne se dira jamais. Enfin un geste sans message, un geste qui ne véhicule aucune parole, qui ne signifie rien d’autre que lui-même.

 

Sébastien Biset, mars 2008

Texte rédigé à l’intention de Verrue_Objet n°3 . Sujet fédérateur : « Machine ».

 

 

 

 

. ARTICLE 22 (11. 04. 2008)
. FAUSSE(S) COUCHE(S) Netrelease : Portable Noise Kremator - Dead debris + Performances Fest. in april (with SUDDEN INFANT) !

 

Portable Noise Kremator - Dead debris

Track 1
Track 2
Track 3

Cover

Check out the awesome website www.mangenerated.com, focusing on experimental music and noise in all colours and flavours, from cut-up over drones to junk- and harshnoise. mangenerated.com is also home of RRs.R, an experimental/noise label (purely non-commercial label, no money what's so ever is involved). Enjoy the ride !

 

PERFORMANCES ! SUDDEN INFANT, Portable Noise Kremator, No John, Impostor, S. Biset

10. 04. 08 - 8 p.m. l'Ecurie, Brussels.

Organised by Fausse(s) Couche(s) | 8 p.m. | 3,50 € | L'Ecurie - 194 rue de Molenbeek - 1020 Laeken | www.lecurie.org

 

 

 

 

. ARTICLE 21 (february 2008)
. FAUSSE(S) COUCHE(S) - Performances february - march

 

PERFORMANCE / Sébastien Biset (Sepia Hours) + Jean DL + Impostor / 21th March 2008 : Centre culturel de Bièvre.

PERFORMANCE / Sébastien Biset (Sepia Hours) / 8th March 2008 : Foire du livre OFF, Bruxelles.

PERFORMANCE / No John & Impostor / 2th March 2008 : Optimus Prime Festival, Tilburg (NL).

PERFORMANCE / Sébastien Biset (Sepia Hours) + Jean DL + Impostor / 23th February 2008 : Boutik Rock, Botanique, Bruxelles.

PERFORMANCE / Sébastien Biset (Sepia Hours) / 15th February 2008 : Le Placard, Imal, Bruxelles.

. . .

 

 

 

. ARTICLE 20 (january-february 2008)
. T.r.o.u.b.l.e. + A few things that implode (S. Biset)

 

Trauma.
Ce sont des choses qui arrivent...
Post-trauma.

01-02.08.

- Photographies S.E. Z550I
- " A FEW THINGS THAT IMPLODE " (mp3) (piste à paraître in version n°B, Barillet n°4 + in split S. Biset / Impostor "Moments & Places 01-03.08")

 

 

 

 

. ARTICLE 19 (january-february 2008)
. Sébastien Biset (Sepia Hours) in Verrue_Objet n°2. "Ce sont des choses qui arrivent" + Favor for instantaneities

 

.

 

Verrue_Objet n°2

Livret 28 pages - impression N/B - CD 7 titres.
Tirage limité 100 exemplaires.

Avec :

Amandine Urrutu
Sébastien Biset
Thomas Bernard
Poladroid
Sara*Trashe d'encre
Antoine Boute
André Demagrïen
Sébastien-l
Laetitia Lamoline
Opana_Kramer
Animale_grr
Mark Sida
Melodik Pinpon
Joachim Montessuis
Lucille Calmel
OTBD 

 

"CE SONT DES CHOSES QUI ARRIVENT" (text) // Favor for instantaneities (experimental song - or something like that)

Vivre  au pied d’un église n’a jamais été un problème. Ce n’est pas celle majusculée (ecclésia ou communauté) que j’étais amené à côtoyer, mais un espace de fuite ou d’ascension bien plus individuel que réellement partagé. Pierres élevées ayant probablement contribué à développer, chez l’enfant ou l’adulte en devenir que j’étais, ce que Jean-Marie Guyau a appelé, non sans raison, l’anomie, qu’elle soit religieuse ou morale. Guyau entendait que la notion que nous avons d’un « devoir » qui serait un donné extérieur doit se chercher d’autres « équivalents » ou « sub-stituts » personnalisés et pratiques, conduisant, sur le plan de l’esprit et de la morale, à une sorte d’individualisme de la pensée spirituelle. 
Là, il est un vitrail qui m’a toujours attiré – ou intrigué, plutôt. Je pense qu’il est du à un donataire  ou mécène quelconque, peu importe. On y voit une représentation du bâtiment en question, baigné d’une raie de lumière qui avait le don de me rassurer – inexplicable réconfort. Comme je vivais sous un toit à proximité, je devais en toute logique bénéficier de cette lueur privilégiée. Je tâchais en tout cas d’en faire usage, par absorption, même clandestinement.
Peu à peu j’ai fini par regretter que ces espaces protégés soient réservés au théâtre d’une crédulité bien fade, nivelant le sentiment qui la fonde, sur un principe de consensus dogmatique, toutefois élargi et relativisé aujourd’hui (l’anomie est un signe de notre époque). C’est le principe même de l’ordre que de chercher à écrêter les piques de différenciation (excès, violence, extrêmes, singularisation de la différence perçue comme déviance) perturbant l’harmonie d’un groupe, menacé d’être incohérent et donc instable ; éviter le bruit blanc, le domestiquer. Proposer le consensus comme instaurateur de lien est une obsession culturelle, on ne pourra s’en défaire, c’est le principe vital de la re-liance, fondant la culture du religare, le terreau de la religion.
Je n’ai que tardivement saisi ce qui sous-tendait la morale chrétienne que parodie à l’occasion le spectacle rituel. Incarnée et donc proche de l’homme, on ne lui reprochera pas d’en appeler au désintéressement comme don de soi, centré sur l’amour de l’autre et de Lui – encore est-il que cette majuscule renvoie au dogme que tend à délaisser l’anomie de nos cultures contemporaines. Mais, on le sait, si toutes les religions prônent de quelque façon que ce soit le masochisme et le dolorisme, le dogme religieux catholique s’est constitué comme le lit du masochisme moral, toutefois favorisé (valorisé ?) – tout comme le sacrifice de soi – selon un idéal victimaire messianique, plus précisément christique. Un sacrifice accompli sur soi répond de la sorte au modèle de la victime eucharistique. L’eucharistie – qui a ponctué un temps ces quelques instants de sérénité recherchée et apprivoisée, au pied de cette raie que je voulais singulière – consiste en une communion avec Dieu (il nous pénètre, on l’ingère) par l’absorption rituelle commémorant la cène ; on  réitère dans et par le corps la mort et la résurrection du Christ. Par un processus identificatoire, symbolisé ici par une gestuelle mimétique et une absorption du corps ou esprit messianique, chacun devient une victime, « victime mais aussi coupable si l’on se réfère à l’analyse de Freud du Rédempteur coupable ». (Houari Maïdi, La plaie et le couteau… : « Dans ce sens Freud (1912) écrit dans Totem et tabou : ‘‘dans la doctrine chrétienne, l’humanité reconnaît de la façon la moins voilée l’acte coupable de l’époque originaire, parce que dans la mort sacrificielle de ce seul fils elle a trouvé la plus ample expiation de cet acte’’ »). Dans cette perspective de mise en scène de la culpabilité et de la condition victimaire, dans le  repentir et l’idéal du sacrifice, la religion catholique « glorifie » la douleur et le masochisme. Si une grande part des mentalités chrétiennes prend de plus en plus de distance critique vis-à-vis de cette morale dogmatique, il n’en reste pas moins que, culturellement, elle a eu une incidence évidente sur une certaine manière d’appréhender la douleur (« Tu enfanteras dans la douleur », « Il faut supporter sa douleur car le Christ a souffert aussi », etc.). Dans une société qui cherche à limiter ou soulager le mal (avec d’évidents écarts, selon les pays, dans l’intérêt porté aux soins de santé), certains s’interrogent sur la qualité du dolorisme et de la souffrance : l’accepter est-il bénéfique, expiatoire ou rédempteur ?
L’homme, de tout temps, a du affronter la souffrance, sa compagne. Il ne serait pas exagéré d’ajouter qu’elle est constitutive de l’humanité, une « rançon de notre capacité à percevoir et à nous émouvoir » (F. Hervé). Notons qu’il y a une bivalence dans la notion-même de douleur, puisqu’elle renvoie à une réalité somatique et/ou psychologique : « La douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, associée à un dommage tissulaire réel ou potentiel, ou décrit dans les termes d’un tel dommage » (« Chronique sur un mot clé : ‘‘douleur’’ », par Valérie Péan). Une douleur, entendue dès lors comme psychique, peut ainsi être ressentie sans qu’aucune lésion physique ne soit avérée. Si, par contre, on considère la notion de souffrance, on s’aperçoit que, du point de vue de son étymologie, cette notion a une origine toute différente. Souffrir – sub(sur) ferre (porter) – c’est se tenir debout, supporter. Cette acception a été perdue avec le temps, tout comme les usages de ses significations figurées, parmi lesquelles celle de l’endurance et son synonyme, la patience (pati : subir, endurer). Le patient, c’est celui qui endure le mal.  La douleur et son expérience, la souffrance, sont par là constitutives de l’homme, ce que rappelaient d’ailleurs la Genèse et, plus tard, la mort du Christ, dans la religion chrétienne. L’accouchement (« Tu enfanteras dans la douleur ») reste à ce titre l’objet de discussions, opposant aujourd’hui les partisans de la péridurale et ceux qui voient dans la mise au monde de l’être l’occasion bénie de glorifier la souffrance. Pour ceux-là, la péridurale, même si opportune voire salutaire dans bien des cas, est et restera toujours une intervention extérieure à l’acte de la mise au monde. Il s’agit donc, pour eux, de ne pas la banaliser, à l’heure où une grande majorité des femmes choisissent d’être assistées par cette anesthésie locale.

Si la douleur est une notion bivalente, sa réalité psychologique m’a souvent intrigué. Non pas la douleur psychogène, qui somatise, mais celle qu’on liera à l’état psychologique, au ressenti (bien qu’on ne puisse entièrement séparer sur ce point le corps du mental qui l’habite). Il est par exemple étonnant qu’on puisse parler de souffrance pour signifier une passion (et inversement dans le cas de la passion christique).
Il y a peu on me demandait pourquoi la séduction était souvent synonyme de perte. A cela je n’ai pu apporter de réponse satisfaisante, mais ai plutôt réorienté l’analogie vers la question du naufrage ou de la perte comprise comme égarement, dérive malvenue et malheureuse. Dans la mythologie grecque, on se rappelle la séduction des sirènes, ces femmes oiseaux dont le chant remarquable conduit les voyageurs au naufrage, on pense aussi à la femme fatale des symbolistes, séductrice et destructrice, conduisant les « décadents » à la folie, tandis que ceux-là représentaient le séducteur par la figure du Malin ou du satyre pervertissant l’esprit et les mœurs (ce qui, en soi, n’est qu’une tradition iconographique ancienne, mêlant imageries païenne et chrétienne).
Pulsion de vie, pulsion de mort. La dialectique Eros et Thanatos étant l’une des grandes constantes de l’humanité, elle ne se présente pourtant pas comme une évidence. On sait que pour Freud « la libido de nos pulsions sexuelles coïnciderait avec l’Eros des poètes et des philosophes qui maintient la cohésion de tout ce qui vit ». En cela, elle s’oppose – en principe – à la pulsion de mort, Thanatos. Mais, dans une tournure rhétorique pouvant faire douter de la validité de la manœuvre, Freud présentait l’image de Vénus comme l’enveloppe illusoire sous laquelle se dérobe la fatalité de la mort. Ainsi l’objet libidinal trahit, dans son statut d’illusion, la subordination à la pulsion de mort de la pulsion sexuelle. Ambiguïté d’une réalité mêlant des tensions extrêmes, on pourrait donc retenir, ainsi que l’a dit Freud, que « la sexualité comporte une adjonction d’agression » (ce rapport de la vie et de la mort a notamment été l’objet d’un certain nombre de discours cinématographiques : Orange Mécanique, Eyes Wide Shut, Twentynine Palms, History of Violence, pour ne citer que quelques standards). Il serait vain d’en débattre, ici, confrontant la pensée freudienne aux théories jungienne ou lacanienne. On admet toutefois communément que la passion est sous certains aspects analogue à une douleur presque jouissive. La passion est un sentiment poussé à son paroxysme, élévation aux relents de chute.  Elle est à l’amour ce que l'orgasme est à la sexualité (orgasme que l'on appelle d'ailleurs « la petite mort »). Un « jusqu-au-boutisme », peu en importe le danger et les conséquences. La tendance SM éclairera le propos, mais toutefois plus prosaïque et étrangère à mes goûts et pratiques (à moins que l’effet de satisfaction éprouvé par le traitement local, par Pyralvex, de lésions inflammatoires buccales – l’aphte comme petite ulcération – ne soit de cet ordre), je m’abstiendrai d’y faire réellement référence.

La passion comme pulsion de vie est en définitive ce qui anime l’être en projet, subordonné, coûte que coûte, à une finalité, une fin (sa fin?) [1].  Il n’y a pas de happy end quand la passion est de mise, tout comme il n’y a pas de fin tragique. La tragédie sous-tend déjà la ferveur obsessionnelle, mais sans doute reste-t-elle subordonnée au bonheur qu’elle peut procurer. Cette tension est précisément ce qui alimente la passion, fruit d’un principe de plaisir et d’une jouissance paroxysmique de l’état de fuite vers une fin (comprise comme dessein et comme terme). On conçoit alors l’extase comme le moment où l’on se perd dans l’extrême limite de soi, au-delà de laquelle on est plus soi, l’extatisme signifiant de par son étymologie se tenir (sto, stas, stare) en dehors de soi-même (ex). L’extase est le moment où l’on part, où l’on est déjà ailleurs. Le cri m’apparait aujourd’hui comme extatique. L’extatisme est la simulation du glissement éros-thanatos, une manière de vivre (ressentir) le terme d’une passion aussi belle que tragique. Souhaitons que l’extatisme ne soit jamais hédoniste, mais seulement vitaliste. On regrettera alors qu’à l’époque de la spectacularisation et de la s(t)imulation l’habitude soit à la répétition complaisante des sensations aimées (une masturbation, catholique celle-là). Le frisson ne vaut jamais la décharge, mais la décharge est appréhendée comme un accident, pire, comme une anomalie. Le cri m’apparaissant comme extatique, il sera perçu ailleurs comme anomalie. La passion, ce n’est pas un frisson répété, c’est une décharge continue, un courant latent supportable car il éveille celui qu’il traverse, insupportable car il rend saillant l’annonce d’une fin, le moment où tout s’arrête. Mais ca, ce n’est rien. Entre battements et silence, ce sont des choses qui arrivent .

 

Sébastien Biset, janvier 2008.

Texte : Ce sont des choses qui arrivent
A entendre : Favor for instantaneities (.mp3)

 

 

 

. ARTICLE 18 (last days of december 2007 - january 2008)
. R. O. E. C. # 4 : S. Biset, J. DL, Impostor, S-Karko... Epicentre & Rodium.

 

26 décembre 2007, Le Roeulx, 17h-21h. S. Biset, Jean DL, B. Impostor, S. Karko. - Réflexion sur l'Origine d'un Ennvironnement de Croissance #4. Epicentre (île St-Feuillien) et fossé (dénommé Rodium).

 
"Il y a des endroits statiques caractérisés par des mouvements constants, des flux qui contredisent le sens de la place. (...) Internet est l'un d'eux. Un réconfort dans la reconnaissance de l'interface (...) ce lieu sans cerne, inventé (...) solitude paradoxale, immobilisme relationnel et aisance de la communication. Et pourtant, à l'instant, il ne me réconforte qu'en partie. (...) Comme si j'avais, à l'instant, quitté un lieu (...) cerné ma place (...) (ou qu'elle y était justifiée)... Un lieu que l'on écrit qu'administrativement, sur une carte, ou dans l'histoire devenue 'somme de faits éteints'. Mais encore... A l'instant, les images que je garde en tête me renvoient à cet espace interdit, privé, délimité. (...) que la seule nature et un mince mur auront fini par circonscrire. Arbres, buissons, étangs, marais, fossé (rempart), vestiges (...) dans ce fossé. L'image est grande (...) belle (...) forte. La position (...) déplacement collectif. Brume, obscurité d'un soir d'hiver. Des formes, tout autour. (...) comme égarés (...) rien n'avait plus de sens que ce que nous faisions (..) que ce que nous étions (là). (...) Nous avons marché ; tenté de les embarquer (la barque glissait, sur la glace) ; approché la ruine claire ; mis pied sur l'île ; pénétré. Un sol marqué par un fait historique - anecdote - et légendaire - véhicule de sens -, devenu affectif. (...) Nous avons foulé l'histoire, retrouvant une part de la nôtre, quoi qu'on en dise. (...) Nous avons poursuivi (...) dans un fossé. Nous l'avons franchi, dévalé par accident, parfois. (...) des batiments éclairés, habités peut-être. (...) un labyrinthe à ras du sol. (...) un espace marqué par la spécificité et l'unicité. (...) Devant l'orangerie, l'espace de la roseraie, découvert. Le son du clocher, plus loin. Deux fenêtres éclairées. Des grilles. Chercher à en (sa)voir davantage. (...) pénétrer (...) bien plus difficile que de simplement franchir un seuil, aussi troublant soit-il, (...) pour ce ROEC#4. (...) Enfin nous avons fuit (...) et avons re-franchi le seuil."

Extrait-fragments de correspondance en aval du ROEC #4 - Rodium (26 au 27 décembre 2007).
 

 

..

..

investigation photographique - S. Biset

 

..

investigation photographique - B. Impostor

 
..

..

investigation photographique - Jean DL

 

.....

investigation cartographique - S. Biset

 

investigation sonore / échantillons - B. Impostor : Indisponible (paraîtra indirectement en temps voulu - albums, splits)

 

 

fausse(s) couche(s) - Pratiques de l'usure & Manières d'être là - S. Biset, J. De Lacoste, B. Impostor Drugmand - 2009